Obama annule son sommet avec Poutine

Un point de non-retour est-il atteint entre Washington et Moscou ? Depuis plusieurs mois, de ...
Obama annule son sommet avec Poutine

Portrait officiel du Président Barack Obama dans le Bureau Ovale, 6 Dec. 2012 Portrait officiel du Président Barack Obama dans le Bureau Ovale, 6 Dec. 2012

Un point de non-retour est-il atteint entre Washington et Moscou ?

Depuis plusieurs mois, de nombreuses tensions montent entre les Etats-Unis et la Russie, que ce soit sur le dossier syrien ou sur celui du bouclier anti-missile. Hier soir, Barack Obama a décidé d'annuler un sommet avec son homologue Vladimir Poutine prévu en septembre à Moscou. Comment expliquer cette décision ?

Selon le professeur David Sylvan de l’Institut de hautes études internationales de Genève, cette décision est plutôt symbolique. Elle serait due premièrement à une frustration de la part d’Obama, concernant le dossier sur la Syrie. La Russie et les Etats-Unis n’ayant pas réussi à régler leurs différends sur cette question.     

Deuxièmement c’est aussi un signal qu’envoie Obama au congrès et surtout à ses propres ministres sur la cohérence et la consistance de sa politique intérieure : tolérance zéro en ce qui concerne « les fuites ».

Mais justement, cette annulation serait-elle un moyen pour Obama de mettre la pression sur Poutine à propos de l’affaire Snowden ?  Le professeur David Sylvan pense au contraire que c’est un aveu de faiblesse de la part du président américain. Malgré toutes ses tentatives, Washington n’a pas réussi à extrader l’ancien informaticien de la CIA et de la NSA (Agence nationale de la sécurité américaine) à l’origine de la divulgation de milliers de documents secrets. Ironiquement, le professeur Sylvan pense que si la situation était inversée, jamais les Etats-Unis ne rendraient quelqu’un comme M. Snowden à la Russie.

Cependant, toujours d’après le politologue, les relations russo-américaines ne sont pas en rupture totale. Il y a encore certains sujets sur lesquels les deux pays coopèrent assez étroitement. Par exemple la Russie continue d’être utile aux Etats-Unis pour leur guerre en Afghanistan. D’autre part, les Américains ont largement contribué à l’entrée des Russes dans l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en août 2012. Donc il reste encore des sujets de coopération entre les deux géants. En substance, on comprend donc que ce n’est pas une petite rebuffade qui rompra les relations entre l’Oncle Sam et les « Popovs ». Le retour de la guerre froide ne semble pas pour demain. /lpo


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