Un salaire minimal dans la vente de détail

Charriots

Il y a trop d’abus, il faut réglementer. C’est une première dans le canton, le Gouvernement jurassien a décidé de fixer des salaires minimaux impératifs pour le personnel de la vente dans le commerce de détail. L’exécutif, qui a fait cette annonce mardi, publie un nouveau contrat-type de travail (CTT) dans le Journal officiel. Le salaire minimum sera fixé entre 3'020 et 3'640 francs par mois en fonction de l’âge, de la formation et de l’expérience. L’entrée en vigueur de ce contrat type est prévue à partir du 1er janvier 2014, mais la phase de consultation apportera certainement des modifications avant une seconde publication officielle.

Le Gouvernement agit sur proposition de la commission tripartite de la libre circulation des personnes, qui a pour mission d’observer les tendances salariales par branche d’activité. Elle a jugé qu’il y avait « sous-enchère abusive et répétée » dans le commerce de détail, avec des salaires inférieurs à 3'000 francs pour un équivalent plein-temps et même des cas à moins de 2'000 francs !

 

Des salaires indécents

Ce sont notamment ces montants qui ont décidé le Gouvernement à suivre la commission tripartite. Le ministre de l’Economie Michel Probst souligne que si les entreprises concernées avaient respecté le contrat type non impératif qui régit la branche depuis 1996, cette décision de l’exécutif n’aurait pas lieu d’être.

Pour le Gouvernement, il ne s’agit pas de pratiquer une politique salariale, ce qui contreviendrait à la liberté économique. C’est notamment ce qui explique que le salaire minimum fixé est de 3'020 francs, soit le salaire fixé par le CTT de 1996, mais indexé au coût de la vie. Ces salaires minimaux seront appliqués durant trois ans, avec des contrôles à la clef pour s’assurer que « les choses se règlent ».

 

Un pas dans la bonne direction

Cette décision gouvernementale est saluée par Loïc Dobler. Le président du parti socialiste jurassien se bat depuis plusieurs années pour les salaires minimaux. « Je suis content que la commission tripartite reconnaisse enfin qu’il y a un problème de salaire dans le Jura ». Il estime que « les montants évoqués paraissent insuffisamment élevés, il s’agira de voir les modalités ». Loïc Dobler ne baissera pas la garde: « Cette décision ne va pas nous satisfaire pour l’ensemble de l’économie jurassienne, on ne lâchera rien à ce sujet ».

Autre réaction, celle d’UNIA, elle va dans le même sens. « Nous sommes très heureux de cette décision, même si l’on reste en dessous des 4000 francs », nous a affirmé Emilie Moeschler, secrétaire régionale d’UNIA Transjurane. « C’est un premier pas. Il faut maintenant que ce soit appliqué ». /clo + iqu


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