La mort à prix cassé arrive dans la région

Le marché de la mort a de la concurrence. Une association dénommée « L’autre rive », composée ...
La mort à prix cassé arrive dans la région

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Le marché de la mort a de la concurrence. Une association dénommée « L’autre rive », composée uniquement de bénévoles, propose des enterrements dès 1500 francs. L’association a son siège à Genève, son dépôt à Neuchâtel, mais elle est déjà active dans toute la Suisse romande depuis un mois. Il est d’ailleurs prévu qu’elle implante une antenne à Delémont d’ici le mois prochain.

Le but de cette association est de proposer un service pour des personnes aux moyens limités ou qui ne veulent pas dépenser de grosses sommes pour un enterrement. Jean-Luc Michel, le président de « L’autre rive » a constaté que les frais engendrés par un décès sont parfois un poids pour certaines personnes. Il tient toutefois à préciser que son association ne souhaite pas prendre la place des enseignes professionnelles locales.

Le président de « L’autre rive » assure que les prestations fournies sont les mêmes que les professionnels. L’association est composée pour l’heure de 6 bénévoles qui ont tous reçu une formation. « On s’occupe de tout, formalités administratives, préparation de la cérémonie, assister la famille etc. ». La principale différence, c’est au niveau de l’aspect financier. « Chez nous, il n’y a pas de notion de coût, il faut juste que nous couvrions nos frais », explique Jean-Luc Michel. Il juge que parfois, « les pompes funèbres sont motivées par un appât du gain ».

 

L’avis d’un professionnel de la région

Du côté des professionnels de la région, c’est le scepticisme qui règne. Les prix proposés par cette association semblent difficiles à concurrencées. David Comte, entrepreneur de pompes funèbres à Bassecourt et Delémont, juge que cette association répond certainement à une demande mais il doute qu’elle existe réellement dans le Jura. Il estime que le rapport à la mort n’est pas le même entre la ville et la campagne. « Dans le Jura, on reste traditionnel, on a un rapport de proximité avec les familles qui n’existe pas dans le milieux urbains ».

David Comte ne craint donc pas l’arrivée de cette association sur le marché. « Il en faut pour tous et, à mon avis, nous n’aurons pas la même clientèle. Et de toute façon, nous pouvons également proposer des tarifs préférentiels, mais les services seront réduits ».

L’homme termine sur un cri du cœur. « Je suis déçu d’entendre parfois que nous profitons de ces moments de faiblesse que vivent les familles lors d’un décès. Ce n’est pas du tout le cas. Nous sommes des gens de cœur, travailler dans les pompes funèbres ce n’est pas un métier, mais une vocation ». /jpp

 

 

 


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