Un vaste projet et des doutes

Un projet d'envergure pour les CFF qui ne laisse pas de marbre les autorités jurassiennes. Certains cadres des CFF ont présenté le concept FAIF ce lundi à Delémont. Il s'agit de l'abbréviation de «Financement et Aménagement de l'Infrastructure Ferroviaire». Le peuple est appelé à voter le 9 février sur cet objet qui devrait définir les contours de la desserte des transports publics en Suisse pour les prochaines décennies.

Le Jura y est favorable, mais...

Le projet, devisé à 6,4 milliards de francs, doit permettre de combler un retard de plusieurs années dans l'entretien des voies ferrées. La charge du réseau augmente considérablement et des travaux - certains urgents - doivent être entrepris pour assurer une bonne desserte et des services de qualité aux clients. Une partie de l'argent sera utilisée pour réaliser des projets d'envergure dans l'arc jurassien, notamment la réalisation d'un tunnel à double-voie à Gléresse ou encore peut-être la création d'une gare de croisement à Bassecourt. Certains quais de la région doivent encore être réhabilités, afin de permettre un accès idéal aux personnes en situation de handicap. Une partie des 6,4 milliards de francs sera utilisée à cet effet.

Le ministre jurassien de l'équipement, Philippe Receveur, se montre favorable à la réalisation de ces projets, tout comme les autorités jurassiennes. Il a toutefois exprimé ses doutes et ses craintes vis-à-vis de FAIF. Le fonctionnement des transports publics sera mis à mal dans le Jura ces prochaines années, notamment à cause des travaux colossaux en gare de Lausanne qui interviendront à partir de 2015. Le Jura exige que durant les périodes de travaux, à Lausanne et ailleurs, une desserte de qualité soit assurée dans notre région. Trois revendications ont été formulées: premièrement, le ministre souhaite conserver le départ d'un convoi à l'heure pile de Bâle pour rallier le Jura. Deuxièmement, il espère le maintien d'une ligne directe entre Bâle et Genève, en tout cas une fois sur deux. Troisièmement, il a martelé la volonté des autorités jurassiennes de créer une deuxième voie à Grellingue, ce qui favoriserait la fluidité du trafic. Durant la conférence de presse, Philippe Receveur n'a pas hésité à faire part de ses inquiétudes. Il a toutefois quelque peu rassuré en disant que les discussions entre les autorités et les CFF vont bon train. Les Chemins de Fer Fédéraux ont quant à eux promis de faire le maximum pour que les travaux menés dans toute la Suisse n'affecte pas trop notre région.

Un projet pour le long terme

Si le projet prévoit quelques investissements sur les lignes jurassiennes, il n'en demeure pas moins que le gros des 6,4 milliards de francs sera investi dans l'arc lémanique, à Berne ou encore à Zurich. Le Jura va donc apporter une contribution financière conséquente, sans pour autant tirer un bénéfice direct des travaux qui seront entrepris. Philippe Receveur affirme toutefois que les améliorations sur le réseau helvétique seront de toute manière profitables au canton du Jura, même s'il faudra certainement se montrer patient. /mle


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