Le phénomène « e-cigarette »

La cigarette électronique prend d’assaut la région. Elle existe depuis 2005 en Suisse mais ...
Le phénomène « e-cigarette »

La cigarette électronique prend d’assaut la région. Elle existe depuis 2005 en Suisse, mais le nombre de consommateurs a indiscutablement pris l’ascenseur ces derniers mois. Pour l’heure, il est difficile d’établir une statistique pour savoir qui sont les consommateurs de cette e-cigarette. Reste que le médecin cantonal remarque qu’un large panel de la population est concerné. Certains fumeurs de cigarette traditionnelle se sont mis à la cigarette électronique, la prenant pour un complément ou alors carrément en remplacement. D’autres consommateurs ont juste voulu essayer un produit tendance de ces derniers mois.

Comment ça marche ?

La cigarette électronique s’utilise comme une cigarette traditionnelle. Elle se divise en quatre parties : l’embout, le réservoir, le vaporisateur et la batterie. Le vaporisateur est en quelque sorte le moteur de la cigarette, c’est lui qui assure son fonctionnement. La batterie est rechargeable, un peu comme un téléphone portable. Le réservoir contient lui certains arômes disponibles en pharmacie notamment. Il y en existe pour tous les goûts : des traditionnelles, fraises, citron ou encore vanille, aux originaux tels que chocolat, sapin ou encore bonbon.

L’aspect législatif

Il faut commencer par différencier deux types d’e-cigarettes. D’une part, celles avec nicotine, d’autre part, celles sans. En Suisse, seules celles qui sont dépourvues de nicotine sont vendues dans les commerces. Mais les fumeurs qui veulent charger leur e-cigarette de nicotine n’ont que quelques kilomètres à faire ou peuvent même se contenter d’un simple clic. En effet, la consommation de ce produit est autorisée en France et les magasins de l’Hexagone vendent des capsules. Sur internet, il y a également la possibilité de se fournir très facilement en nicotine. L’importation pour un usage personnel est toutefois limitée à 150 ml, ce qui représente approximativement 45 paquets ou 900 cigarettes traditionnelles. Il y a là clairement une lacune en termes de contrôle, selon le médecin cantonal jurassien, Sylvie Bailat.

L'aspect médical

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) mise sur la prudence. Pour l'heure, on ne connaît pas exactement les effets de la consommation de cigarette électronique sur la santé humaine. Des recherches sont actuellement menées pour essayer de les déterminer. L'OFSP martèle en tout cas un message de prudence, surtout destiné aux non-fumeurs. L'e-cigarette est certes moins nocive que les produits à base de tabac, mais l'Office relève que la composition des produits inhalés manque souvent de précision et que l'incidence à long terme sur la santé est très mal connue. L'OFSP relève également que la consommation de cigarettes électroniques qui contiennent de la nicotine peut entraîner une dépendance.

Incidences pour British American Tobacco

Contactés par notre rédaction, les dirigeants de British American Tobacco (BAT) affirment que la e-cigarette pourrait accentuer la baisse de la consommation de cigarettes traditionnelles qui affiche déjà une diminution de 2 à 3% par année. La cigarette électronique est donc devenue un marché intéressant et BAT en est conscient. Le groupe, implanté notamment à Boncourt, entend bien saisir sa chance dans ce domaine. BAT a racheté à Londres une filiale qui fabrique des capsules de nicotine. British American Tobacco ne refuse pas de s’étendre sur ce marché, mais pas forcément en Suisse pour le moment. BAT est en effet moins intéressé par la cigarette électronique sans nicotine, selon un de ses cadres, Christophe Berdat. Reste que la e-cigarette a la cote en Suisse, mais pas seulement. Selon Christophe Berdat, il s’agit d’une tendance européenne. Une donnée que le géant du tabac prend bien évidemment en compte. /mle


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