Les directeurs d’école inquiets

La réforme scolaire actuellement en consultation ne fait pas que des heureux. De nombreux directeurs ...
Les directeurs d’école inquiets

La réforme scolaire actuellement en consultation dans le Jura ne fait pas que des heureux. De nombreux directeurs d’école critiquent les changements proposés. Ces professionnels interrogés par la rédaction – beaucoup ont souhaité garder l’anonymat – déplorent principalement la création de cinq arrondissements scolaires, perçus comme un étage supplémentaire et inutile. « Pour nous, c’est plus de bureaucratie, plus de contrôles, perte d’identité, perte de proximité », avance notamment Lucienne Fringeli, directrice de l'école primaire de Vicques. C’est justement au niveau primaire que les craintes sont les plus vives : une « levée de boucliers » serait en préparation, selon certains directeurs d’école qui demandent une véritable revalorisation de leur travail.

« Projet au rabais »

Autre point noir souvent évoqué, le manque de moyens. Un des directeurs interrogés parle même de « projet au rabais ». En cause : la création de trois équivalents plein temps (EPT) pour cinq postes de directeur d’arrondissement. La dotation est insuffisante, à en croire les avis unanimes recueillis par la rédaction. Certains directeurs craignent d’avoir moins de temps pour abattre la même charge de travail.

Un point de cette réforme semble néanmoins mettre presque tout le monde d’accord, à savoir la séparation entre le conseil pédagogique et le contrôle des enseignants. Ces tâches ne devraient plus être accomplies par la même personne à l’avenir.

Fracture primaire/secondaire ?

Il existe néanmoins une différence de perception entre les directeurs d’école primaire et leurs collègues du secondaire sollicités par la rédaction. Les premiers rejettent très clairement la réforme alors que les autres s'avèrent plus nuancés. « Les collègues primaires craignent de ne plus être reconnus de la même manière », explique Jacques Widmer. Ce dernier possède la particularité d’être directeur des écoles primaire et secondaire de Courrendlin, une situation unique dans le Jura. Il accueille la réforme plutôt favorablement, mais garde un œil critique : « Dans le cadre des arrondissements, il m’est impossible de dire aujourd’hui à quelle sauce je vais être mangé en tant que directeur primaire ».

Au sein du Service jurassien de l’enseignement, on précise que la réforme vise réellement à une simplification. Son chef souligne que la réforme sert à édicter des grands principes. « Mettons-nous d’accord sur ces principes avant d’entrer dans le détail », plaide Fabien Crelier. /fra


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