Une pollution d’envergure à Glovelier

Carte du site pollué à Glovelier

Glovelier est touché par une pollution de grande ampleur. Des sondages récents réalisés dans la zone de la Croisée, à la sortie du village direction Bassecourt, ont montré que plus de 60’000 mètres carrés sont contaminés par des solvants et des HAP, des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Pas de surprise. L’endroit était recensé dans les sites pollués depuis longtemps. Ce que les dernières investigations ont révélé, c’est l’ampleur de la pollution. La source de la pollution est tarie depuis une trentaine d’année. Rejetés avant les années 80-90 par les industries locales, Röthlisberger, Bitusag et l’ancienne Compomac, qui a brûlé à la fin des années 60, les hydrocarbures ont migré et s’étalent désormais sur une énorme surface.

Pas de risque pour l’homme

La présence de molasse a par chance empêché que ces produits ne s’infiltrent trop profondément. Ils sont confinés entre 1 et 4 mètres de profondeur, donc ne posent pas de problèmes importants pour les sols eux-mêmes, explique Christophe Badertscher, collaborateur scientifique à l’Office de l’environnement. L’absence de puits d’eau potable fait également que les eaux souterraines touchées ne sont pas consommées. D’autres études doivent encore être menées pour savoir si un assainissement sera nécessaire. D’après les données actuelles, les valeurs détectées ne dépassent toutefois pas les valeurs limites. Les premières analyses sur les eaux de surface sont plutôt rassurantes. Le Tabeillon semble plutôt épargné. Des résultats sont attendus prochainement sur les eaux souterraines.

Si l’assainissement s’avère nécessaire, il se fera sur le très long terme. Il s’annonce également très compliqué, ne serait-ce que parce que le site est traversé par la ligne de chemin de fer qui empêche l’accès à la pollution. Dans tous les cas, une surveillance du site sera nécessaire dans le futur, pour s’assurer que la pollution ne s’étend pas.

La Géothermie au même endroit…

Reste que le lieu doit accueillir prochainement le projet de Geothermie de Haute-Sorne. Pour le ministre de l’environnement Philippe Receveur, la situation ne devrait pas compromettre cette implantation. Le projet en lui-même ne présente pas de risque supplémentaire pour l’environnement. Il souligne toutefois qu’une construction sur un site pollué ne peut être admise que dans la mesure où elle ne péjore pas un éventuel futur assainissement.

L’implantation de la géothermie pourrait donc rendre l’accès aux sédiments pollués difficiles en cas d’assainissement, et donc engendrer des surcoûts pour l’entreprise. Geo-Energie Suisse réserve sa position en attendant de connaître avec précision les conséquences légales et financières qui pourraient en découler. Dans le pire des cas, le projet de géothermie pourrait être remis en question, mais cette option paraît peu vraisemblable, pour le chef de projet Olivier Zingg qui se dit optimiste.

Un dossier loin d’être clos

Pour ce qui est de l’assainissement lui-même, l’adage est bien connu –qui dit pollueur, dit payeur- en partie du moins. Les responsabilités seront très difficiles à établir et ce processus prendra énormément de temps. D’autant que l’origine de la pollution remonte à plus de trente ans. L’une des entreprises concernées a qui plus est disparu. C’est donc à l’Etat de reprendre à sa charge sa part de responsabilité. /iqu


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