Une épouse n’est pas un objet sexuel dont on dispose à sa guise. C’est en résumé le message qu’a transmis le Tribunal pénal mercredi à Porrentruy. La justice jurassienne a condamné en première instance un Ajoulot de 46 ans à une peine privative de liberté de 18 mois assortie d’un sursis de 2 ans. Le prévenu a été reconnu coupable de viol sur celle qui était sa femme à l'époque, un acte commis en 2007 ou 2008. Les faits s’étaient déroulés dans la chambre à coucher du domicile conjugal.
Le tribunal présidé par le juge Pascal Chappuis s’est montré moins sévère que la procureure Valérie Cortat, qui avait requis une peine de 24 mois de prison avec un sursis de trois ans. Le prévenu devra s’acquitter d’une somme de 7000 francs avec intérêts pour tort moral.
Un portrait peu reluisant
Pascal Chappuis a prononcé des mots durs vis-à-vis du quadragénaire. Le juge a voulu mettre « un coup d’arrêt » à la « stratégie de séduction » et de « destruction » de l’accusé. En l’absence de preuves, il a estimé que les allégations de la plaignante, une migrante âgée aujourd’hui de 31 ans, étaient crédibles. Elles sont corroborées par les témoignages d’anciennes conquêtes du prévenu, qui ont dépeint le régime de terreur sous lequel elles ont vécu avec cet Ajoulot. Pascal Chappuis a estimé que la description que ces femmes font de l’accusé est « bouleversante, déconcertante, pétrifiante ».
Lors de l’audience, l’accusation s’est efforcée de dépeindre l’accusé comme un dominateur cruel, un homme prêt à tout pour asseoir sa position de force et pour satisfaire son insatiable appétit sexuel. La plaignante, dont l’audition s’est tenue à huis-clos, a accusé également son ex-mari de violences physiques, des gifles quasi quotidiennes. A cela s’ajouteraient un isolement face au monde extérieur – dont l’interdiction de contacter sa famille à l’étranger – et, donc, ce viol conjugal. L’homme a avoué ne pas être un « ange » mais il nie toute violence, physique ou autre.
Une femme vénale et calculatrice, selon la défense
La défense a attaqué la crédibilité de la plaignante, mettant le doigt sur des allégations contradictoires ou étranges. Pour le prévenu et son avocat, cette femme avait l’argent et l’obtention d’un permis de séjour en Suisse comme principales motivations. Ce viol conjugal n'aurait été qu’un prétexte pour obtenir le divorce – et un permis C – une fois le délai légal passé. Plutôt abattu durant toute la séance, le prévenu s’est dirigé vers la sortie seul et sans dire un mot, une fois l’audience levée. /fra









