La passe à poissons de St-Ursanne toujours grippée

Tout le monde campe sur ses positions dans le dossier de la passe à poissons de Moulin Grillon ...
La passe à poissons de St-Ursanne toujours grippée

Le projet de passe technique à Moulin Grillon (photomontage: Moulin Grillon SA) Le projet de passe technique à Moulin Grillon (photomontage: Moulin Grillon SA)

Tout le monde campe sur ses positions dans le dossier de la passe à poissons de Moulin Grillon à St-Ursanne. Le projet, présenté en septembre 2013, prévoit la réalisation d’une passe technique pour permettre aux poissons, et notamment à l’apron, de remonter le Doubs. L’Office jurassien de l’environnement, l’Office fédéral de l’environnement ainsi que la Commission des sites et des paysages avaient donné un préavis positif à ce projet.

Oppositions, séances de conciliation… et le statu quo

Huit oppositions avaient été déposées en octobre 2013 au terme du dépôt public du projet pour dénoncer « un bétonnage du Doubs » ainsi que l’impact paysager de la passe à poissons, pour préserver l’accès à la plage de St-Ursanne et pour dénoncer des problèmes de sécurité. Huit séances de conciliation se sont tenues cette semaine, mais toutes les oppositions ont été maintenues au terme des pourparlers. Les séances étaient organisées par l’autorité compétente, à savoir la section cantonale des permis de construire. Les opposants, le requérant, les autorités communales et l’Office jurassien de l’environnement ont exposé leurs arguments. La section des permis de construire va maintenant analyser les positions et les arguments, avant de rendre son verdict.

Les opposants proposent une nouvelle variante

Les quatre associations concernées par le projet de passe à poissons à Moulin Grillon (Pro Doubs, Patrimoine Suisse, Clos-du-Doubs Plus et Pro Natura Jura) proposent de créer un ruisseau de contournement au lieu de la passe technique. Ils ont mandaté un bureau pour réaliser une étude préliminaire pour contourner la chute de Moulin Grillon. « Cette nouvelle variante est plus sûre pour les poissons, notamment l’apron. Ils éviteraient de passer dans les turbines », a expliqué Jean-Marc Comment, le coordinateur des opposants, vendredi matin à la presse. L’Office jurassien de l’environnement a reçu cette étude en début de semaine et n’a pas encore eu le temps de l’analyser en détails. Mais Laurent Gogniat, le responsable du domaine Nature, rappelle qu’une étude préliminaire n’est pas suffisante pour se prononcer sur la compatibilité du projet avec les exigences de l’apron ou sur les questions d’intégration dans le paysage. Ce nouveau projet soulève toute une série de questions, par exemple sur le financement. Laurent Gogniat rappelle également qu’il est urgent de prendre des mesures pour sauver l’apron.

Eviter le tribunal… et privilégier la discussion  

Le calendrier n’a pas encore été fixé, mais la procédure est claire. La section jurassienne des permis de construire va prochainement rendre sa décision. Si le permis de construire est octroyé au requérant, les opposants pourraient se tourner vers le Tribunal administratif. Pour éviter cette voie juridique, ils proposent de mettre en place une médiation administrative. La cheffe de la section cantonale des permis de construire Sveva Gobat nous a indiqué que c’est la première fois que son service reçoit une demande de médiation administrative, en tous cas depuis son entrée en fonction en 2009. « La demande est en cours de traitement, il est encore trop tôt pour en dire plus », nous a expliqué Sveva Gobat. /pch


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