La géothermie suscite des questions, peu de remise en question

Projet pilote de géothermie profonde à Haute-Sorne

La géothermie sur la table du Conseil général de Haute-Sorne. La séance extraordinaire de mardi soir y a été entièrement consacrée. Les promoteurs sont venus présenter aux élus de la commune le projet qui doit voir le jour entre Glovelier et Bassecourt. Le ministre de l’environnement et de l’équipement, Philippe Receveur, était également présent. Après une longue présentation, les conseillers généraux ont pu poser leurs questions.

 

Une présentation exhaustive

Le ministre a été le premier à s’exprimer au micro. Il est revenu sur la stratégie énergétique cantonale et a rappelé que le cadre de la géothermie est fixé dans la fiche 5.07.1 du plan directeur cantonal. Philippe Receveur a aussi indiqué que le Gouvernement est favorable à la géothermie, mais se veut un partenaire exigeant, notamment en matière de nuisances sonores.

Le chef de projet pour Geo-Energie Suisse, Olivier Zingg, a ensuite pris la parole pour exposer le potentiel énergétique de la géothermie, le fonctionnement des installations et les mesures prises pour réduire les risques sismiques et le bruit.

 

Comme à l’école…

Après cette présentation, les conseillers généraux ont tour à tour posé les questions formulées par leur groupe. Des questions qui avaient au préalable été répertoriées et mises par écrit. Les deux thèmes qui sont revenus le plus souvent sur le tapis sont l’impact financier de la centrale et les risques sismiques.

Dans le premier cas, les réponses ont été plutôt vagues. Les promoteurs ont expliqué qu’il s’agit ici d’un projet pilote qui n’a pas pour vocation d’être rentable, mais de tester une technologie pour l’utiliser à l’avenir. Ce n’est qu’en tenant compte des aides apportées au niveau fédéral que le projet peut espérer offrir un rendement à hauteur de 2-5%. Il est, de plus, encore impossible à ce stade de savoir quelle chaleur pourra être tirée du sous-sol. Une redevance sera également reversée au canton et à la commune, mais aucun chiffre précis n’est articulé. Du côté de Haute-Sorne, le maire Jean-Bernard Vallat estime que le plus gros bénéfice viendra du chauffage à distance qui pourrait découler du projet.

Pour ce qui est des risques sismiques, les promoteurs se veulent rassurant. Des seuils de réaction très bas ont été établis et le canton est désigné comme autorité de surveillance. Par ailleurs, des assurances en responsabilité civile sont contractées pour d’éventuelles indemnisations.

 

Moratoire en vue ?

Le moratoire pour empêcher la construction d’une centrale géothermique, demandé par un groupe d’habitants de Berlincourt, n’a pas pu être traité. Le bureau du Conseil général doit auparavant en prendre connaissance et se positionner, ce qu’il devrait faire mercredi. Le ministre Philippe Receveur a toutefois rappelé que la commune n’a pas la compétence pour adopter un tel moratoire.

Du côté des opposants de Berlincourt, les arguments présentés mardi soir n’ont pas plus convaincus que lors de la séance qu’ils ont récemment menée avec le groupe d’accompagnement, les promoteurs et le ministre. Selon eux, la technologie de la géothermie n’est pas suffisamment maîtrisée pour être utilisée en zone habitée. /iqu


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