Enfants placés : une thématique gérée aussi dans le Jura

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Le Jura doit aussi faire face à la thématique des enfants placés. Dans les années 60 et jusqu’à la fin des années 70, des enfants étaient retirés de force de leur famille et placés dans des institutions ou auprès de familles paysannes. Ces mises sous tutelle décidées par les communes visaient à protéger le bambin confronté à des contextes familiaux jugés difficiles. Ces enfants devenus adultes se posent aujourd’hui des questions sur leur passé. Le 1er août, la Confédération a reconnu officiellement le tort moral subi. Le canton du Jura est aussi confronté à cette problématique.

Un travail de fourmi pour les archivistes

Dans le Jura, quatre demandes de renseignements ont été soumises à la section des archives cantonales. Les personnes fournissent quelques renseignements, comme le nom et la date de naissance. Le travail de l’archiviste consiste alors à chercher des informations sur l’enfant dans les documents des communes. Par exemple, des indications peuvent se trouver dans des procès-verbaux de commissions d’école. Dans le Jura, les jeunes étaient en général placés dans le canton de Neuchâtel assez loin des familles ou même dans les Grisons. L’archiviste cantonal, Antoine Glaenzer, nous indique que ces recherches prennent beaucoup de temps : des dizaines d’heures. Selon lui, « d’un point de vue métier, c’est vraiment une fonction importante d’archiviste, d'historien et de référant d’une certaine sécurité de diffusion de l’information ». Cette tâche met en application le but des archives, soit la transparence et la traçabilité des actions de l’Etat.

Faire toute la lumière sur son passé

Lorsque le travail de l’archiviste est terminé, il transmet le dossier au Centre LAVI, de la Loi sur l’aide aux victimes d’infraction, à Delémont. Les intervenants se chargent alors de révéler les informations récoltées. Il s’agit aussi d’accompagner ces personnes qui découvrent ainsi leur histoire. Elles ont parfois grandi au milieu de mensonges et de non-dits.

Encore peu de demandes dans le Jura

Seules quatre demandes sont pour le moment traitées dans le Jura. Selon l’assistante sociale du Centre LAVI, Caroline Sanglard Froidevaux, des requêtes peuvent encore être soumises, même si la thématique des enfants placés a été médiatisée l’année dernière. Selon elle, « c’est une démarche qui prend du temps de la part d’une personne qui a subi des traumatismes, c’est un chemin à faire ». /nqu


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