Gens du voyage : Courrendlin dit non

Assemblée municipale de Courrendlin

Courrendlin ne veut pas d’une aire d’accueil pour les gens du voyage étrangers sur son territoire. Les autorités de la commune l’ont clamé haut et fort lundi soir, lors d’une assemblée municipale extraordinaire qui a attiré 137 citoyens. Le ministre jurassien des Communes Michel Thentz a fait le déplacement pour présenter le projet du Gouvernement sur la bretelle autoroutière de l’A16, à l’entrée du village vadais.

Pourquoi un seul projet ?

Sans surprise – mais dans une atmosphère restée courtoise – le maire Gérard Métille et les ayants-droit ont exprimé tout le mal qu’ils pensaient de l’aménagement d’une aire d’accueil à Courrendlin. Ils reprochent tout d’abord au Gouvernement de ne présenter qu’un seul projet détaillé : celui qui concerne leur commune. Les citoyens ont donc l’impression qu’on leur impose cette aire d’accueil des gens du voyage étrangers, sans même que l’Exécutif cantonal ait pris la peine d’étudier d’autres possibilités.

Pour le Gouvernement jurassien, il fallait entrer dans une phase concrète pour régler au plus vite la problématique de l’accueil des caravanes. Après Mavalau (Courtedoux) pour les Yéniches, il s’est donc focalisé sur Courrendlin pour les gens du voyage étrangers. Le ministre Michel Thentz a estimé qu’il fallait un projet ficelé pour lancer le débat. Selon lui, un dossier comprenant d’autres propositions aurait considérablement retardé l’échéance.

Une règlementation stricte

Michel Thentz a voulu rassurer l’assistance sur le projet de Courrendlin, qui doit être une aire définitive, et non une nouvelle aire provisoire. L’aire définitive s’accompagne d’un règlement strict : quarante caravanes maximum pour un accueil limité à sept jours consécutifs, une perception de taxes et de cautions, puis des contrôles de police réguliers, notamment pour faire l’état des lieux après chaque passage. Sans oublier l’entretien du site. Il s’agit donc là d’un accueil cadré. Le discours n’a toutefois pas fait mouche dans l’assemblée. Courrendlin pense notamment que l’installation des gens du voyage sur la bretelle autoroutière nuirait à l’implantation d’entreprises dans le parc Innodel.

Et les Prés-Roses ?

Les autorités de la commune militent pour que l’ancien projet des Prés-Roses à Delémont soit remis au goût du jour. Comme le site se trouve sous le nez de la police cantonale, elles estiment que l’endroit permet de favoriser un bon encadrement des gens du voyage. Pour rappel, le projet des Prés-Roses avait été abandonné par le Gouvernement il y a quelques années. « Il y avait eu des oppositions et une batterie d’événements contraires », a expliqué le ministre Michel Thentz, resté discret sur le sujet.

Aujourd’hui, les données sont claires : Courrendlin veut faire capoter le projet envisagé sur son territoire, et donc faire en sorte que l’issue soit la même que pour les Prés-Roses. Les autorités communales entendent faire du lobbying vers les parlementaires. Ils envisagent aussi d’organiser une manifestation à Delémont.

La consultation est ouverte jusqu’à jeudi. Le Parlement jurassien se prononcera dans le courant du premier semestre 2015. /rch


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