Écoquartier à Delémont : « Un projet d’une rare qualité en Suisse », se défend l’architecte

Échaudé par les réserves émises par le Conseil communal de Delémont sur son projet, Michel ...
Écoquartier à Delémont : « Un projet d’une rare qualité en Suisse », se défend l’architecte

Échaudé par les réserves émises par le Conseil communal de Delémont sur son projet, Michel Acquaroli dénonce des propos mensongers tout en multipliant les attaques personnelles

Au pied de l'un des immeubles de l'écoquartier, Michel Acquaroli (à gauche) a réuni plusieurs représentants d'entreprises jurassiennes et responsables du chantier. Au pied de l'un des immeubles de l'écoquartier, Michel Acquaroli (à gauche) a réuni plusieurs représentants d'entreprises jurassiennes et responsables du chantier.

Après les réserves émises lors du Conseil de ville du 29 août dernier par le Conseil communal de Delémont sur l’écoquartier « Résidence de la Sorne », l’architecte du projet contre-attaque. Le Genevois Michel Acquaroli a réuni ce mercredi matin les médias, une dizaine de responsables du chantier, ainsi que son avocate pour réagir aux propos des élus.


« J’ai toujours assisté à toutes les réunions »

Scandalisé par ce qu’il a « lu et entendu », il qualifie surtout de propos mensongers la quasi-totalité des critiques émises à l’égard du projet dans la réponse de l’exécutif à une question écrite de la conseillère de ville Céline Robert-Charrue Linder. Et notamment lorsque le Conseil communal avance par la voix de son chef du département de l’urbanisme, Emmanuel Koller, que la communication est très difficile avec l’architecte pour obtenir des renseignements sur l’avancée du projet. « Je suis en contact permanent avec les autorités. J’ai toujours assisté à toutes les réunions auxquelles on m’a invité, et même celles auxquelles on ne m’a pas invité. Donc tenir ce genre de propos est particulièrement stupide », rétorque Michel Acquaroli, en dénonçant à l’inverse des dysfonctionnements et lenteurs au département de l’urbanisme.

Michel Acquaroli répond aux critiques

Autre grief, ce label « Sites 2000 watts » que le projet aurait obtenu avec un taux de 57% de satisfaction seulement. Examen obtenu « à la raclette », selon les propos d’Emmanuel Koller et du conseiller de ville socialiste Jude Schindelholz. « Venant d’une personne qui n’a peut-être jamais passé d’examen du tout et dont le niveau intellectuel est d’une faiblesse redoutable, je peux affirmer que cela est faux. Le label, on l’a obtenu, point. Lors du premier audit, on a obtenu des valeurs très largement supérieures à celles qui ont été annoncées. Lorsque la réalisation sera terminée, on sera certainement proche du 100%, contrairement à ce qu’affirme Judas (sic) Schindelholz », contre-attaque sèchement Michel Acquaroli, multipliant les attaques verbales personnelles envers différents élus et fonctionnaires. « Au Conseil de ville, ils n’ont tellement rien à faire à part jouer aux cartes qu’ils ont inventé des idioties et commérages, des propos de piliers de bistrot », lance amèrement l’entrepreneur genevois.


Michel Acquaroli défend une performance d'une rare qualité

L’architecte ajoute que l’exigeant label « Minergie Plus » a également été obtenu, notamment grâce à une révision totale du projet initial qui prévoyait « une énorme centrale à bois » en guise de chauffage. Appuyé par des responsables de chantier, il dépeint des bâtiments autonomes d’un point de vue énergétique, cumulant des pompes à chaleur géothermiques avec des panneaux photovoltaïques et solaires thermiques. « Cela donne des bâtiments d’une performance qui ne correspond à quasiment aucune autre réalisation faite en Suisse », avance même Michel Acquaroli. Le département de l’urbanisme a pourtant dressé une liste de critères sur lesquels il n’aurait « pas encore obtenu de garanties à ce jour » : cela concerne des places pour voitures et vélos en libre-service, l’aspect écologique des matériaux, la mixité intergénérationnelle et sociale, la qualité et biodiversité des espaces verts, ou encore la démarche participative des futurs habitants. « Il suffit de demander à ces braves gens d’attendre la fin des travaux. Nous sommes justement en train de faire nos aménagements extérieurs, les véhicules en libre-service se situeront là-bas sur le parking visiteurs, nous avons aussi des emplacements pour les vélos, etc... Ce genre d’affirmation ne mérite que réprobation et mépris », lance l’architecte, soupçonnant des propos électoralistes à quelques semaines des élections communales, alors que le permis de construire est, selon lui, « respecté au millimètre ».

« On a mis tous les éléments les plus performants pour un écoquartier »

Il reconnaît qu’une menace de suspension de chantier a été brandie par la Municipalité pour le non-respect d’un point technique concernant l’inondabilité de parkings voisins situés sur le site de Morépont, avant que la justice ne lui donne raison. Les parkings concernés appartiennent à la Caisse de pensions de la République et Canton du Jura dont le directeur n’est autre que l’élu delémontain Emmanuel Koller. « Il aurait donc dû se récuser sur ce dossier, étant juge et partie », assène Michel Acquaroli. Ce qu’Emmanuel Koller a effectivement fait… mais prenant tout de même la responsabilité de porter oralement la réponse à la question écrite de Céline Robert-Charrue Linder devant le Conseil de ville. Conséquence de ces échanges nourris de critiques, le torchon brûle désormais au grand jour entre les deux parties. Le promoteur ne prévoyant pas de « s’attabler avec ces gens-là », difficile d’imaginer une collaboration cordiale pour mener sereinement ce projet de 350 logements à son terme. /jpi


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus