Maison de maître laissée à l’abandon, vieille école désaffectée, salle de danse désertée : RFJ vous emmène cette semaine à la découverte de bâtiments vides et parfois délaissés. Pleins d’histoires et de souvenirs, ils font l’objet de mesures de conservation
Le canton du Jura compte plusieurs lieux délaissés, à la recherche d’une nouvelle vie. C’est le sujet de notre série de reportages de la semaine : nous découvrons des bâtiments au patrimoine historique et culturel fort, qui cherchent à se réinventer et font l’objet de mesures de conservation. Pour conclure cette série de reportages, nous sommes allés à Choindez, où l'ancienne gare est devenue, depuis plusieurs années, un bâtiment d'habitation. Il s’agit d’un exemple de ce qui peut être fait, pour réhabiliter d'anciens lieux industriels ou publics.
Vestiges de la gare
L’ancienne gare de Choindez se trouve sur le site de l’usine Von Roll, cachée derrière de grands hangars. Il n’est pas possible de la distinguer depuis la route. Elle dénote presque, à côté des bâtiments de brique du début du XXe siècle et des débris industriels. « C’est une petite maison, elle a été pensée comme ça. Il y a eu des transformations ces dernières années, sur les façades. On a aussi changé les fenêtres, mais on voit encore que ça a un jour été une gare », explique Lucie Hubleur, conservatrice des monuments. Un panneau CFF bleu et blanc annonce « Choindez ». Reste encore des affiches des années nonantes, lorsque la gare a fermé aux voyageurs. La salle d’attente existe toujours, mais des affaires y sont entreposées. L’ancien espace dédié au chef de gare est devenu une véranda, avec un salon.
Visite des lieux avec Lucie Hubleur, conservatrice des monuments
Vestiges d’une société
« Cette gare, c’est l’exemple de ce qu’un bâtiment industriel ou public peut devenir. Evidemment, tout ne peut pas devenir logement ; certains lieux ne s’y prêtent pas. Mais quand c’est possible, on peut conseiller les propriétaires pour qu’ils aménagent des lieux de vie », explique Lucie Hubleur. « C’est sûr, ça n’a plus rien à voir avec ce que c’était, à l’époque. 700 personnes vivaient ici, au début du XXe siècle. C’était une société, avec un hôpital, une salle de théâtre et une épicerie. Et puis, il y avait du bruit, de la fumée, des enfants qui courraient. Aujourd’hui, Choindez ne compte plus que quelques dizaines d’habitants », ajoute la conservatrice des monuments. Elle ne peut pas se prononcer sur l’avenir du site : « Choindez a existé grâce à Von Roll, et continue d’exister grâce à Von Roll. L’affectation du site ne peut pas se passer de l’entreprise pour le moment. Je sais que Von Roll se pose la question de ce que pourraient devenir ces lieux, dans leur globalité », dit Lucie Hubleur. /cto
Comment l’Office de la culture détermine quels bâtiments doivent être protégés ?
Les autres épisodes :
- Episode 1/5 : la maison de maître de Bellefontaine
- Episode 2/5 : l'ancienne école de Montsevelier
- Episode 3/5 : l'ancien foyer de Belfond
- Episode 4/5 : la salle de danse du Mexique à Delémont










