C’est un aspect du projet de géothermie profonde à Haute-Sorne qui fait particulièrement parler. La question de l’approvisionnement en eau était au cœur d’une séance de la Commission de suivi et d’information lundi soir à Bassecourt. Une cinquantaine de personnes ont assisté à plusieurs exposés avant de participer à des groupes de travail pour évoquer les différentes options envisageables pour la suite du projet, que ce soit des prélèvements dans le Tabeillon, la Sorne ou encore dans le réseau communal, mais aussi des livraisons par le train ou même la route avec des camions.
Le promoteur, le canton, la commune de Haute-Sorne, mais également les opposants ont chacun eu droit à dix minutes pour exposer leur point de vue. Le directeur de Géo-Energie Jura, Olivier Zingg, a détaillé les besoins en eau qui sont envisagés pour la prochaine étape, soit le développement de réservoir géothermique. Ceux-ci devraient se situer entre 50'000 et 130’00 m3 sur une durée d’environ six mois. Des prélèvements dans le Tabeillon ont, dans un premier temps, été envisagés, mais tout reste ouvert, selon Olivier Zingg. « Il y a des restrictions en période estivale avec un très faible débit dans ce ruisseau, d’où l’idée d’étudier toutes les options », explique-t-il.
Géo-Energie Jura a analysé durant une année le débit du Tabeillon pour disposer de suffisamment de données avant d’éventuellement demander une autorisation de prélèvement ou une concession à l’Etat. À l’heure actuelle, le canton n’a pas été sollicité, selon Quentin Teiler, responsable du domaine installations et activités humaines à l’Office de l’environnement. « Pour l’instant, rien n’a été délivré. On n’a même pas encore validé des rapports », souligne le responsable.
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Deux collectifs opposés
Les opposants au projet de géothermie profonde ont également pu faire entendre leur voix par le biais du collectif des agriculteurs et de celui des riverains-propriétaires du Tabeillon. Pour Léa Petitjean Gisiger, membre du premier, aucune option n’est envisageable. « Pour nous, c’est zéro goutte d’eau pour ce projet », souligne l’agricultrice. Cette dernière estime qu’il est tout autant inenvisageable de prélever de l’eau dans le Tabeillon que dans le réseau d’eau potable de la commune.
Au final, plusieurs avis divergents sont ressortis des discussions en petits groupes. Certains estiment qu’il faut privilégier des prélèvements dans le Tabeillon, mais seulement en hiver, d’autres qu’il faut plutôt utiliser l’eau du réseau sachant que la commune dispose d’importantes quantités. L’idée de construire des réservoirs pour stocker l’eau sur le site de géothermie profonde est aussi ressortie. « Je tire un bilan plutôt positif. Le but était de permettre aux gens de s’exprimer et je crois qu’ils ont pu le faire », conclut le président de la Commission de suivi et d’information, Pascal Mahon.
Pascal Mahon : « On a bien perçu que cette question de l’eau est assez émotionnelle. »
Une synthèse des discussions sera réalisée par la Commission de suivi et d’information. Le promoteur s’est ensuite engagé à présenter un rapport expliquant pourquoi il a retenu une ou plusieurs options et pourquoi il a écarté les autres. /alr








