La Suisse regrette la fin de la mission d'observation à Hébron

La Suisse et les quatre autres pays ayant déployé des observateurs à Hébron ont regretté vendredi ...
La Suisse regrette la fin de la mission d'observation à Hébron

La Suisse regrette la fin de la mission d'observation à Hébron

Photo: KEYSTONE/EPA/ABED AL HASHLAMOUN

La Suisse et les quatre autres pays ayant déployé des observateurs à Hébron ont regretté vendredi la décision israélienne de mettre fin à la mission internationale d'observation dans cette ville de Cisjordanie. Ils rejettent les accusations de l'Etat hébreu.

Dans une déclaration commune, le conseiller fédéral Ignazio Cassis et ses homologues de Suède, de Norvège, d'Italie et de Turquie redoutent que la décision israélienne 'ne mine l'un des rares mécanismes établis pour le règlement des conflits entre Israéliens et Palestiniens et n'ait donc un impact négatif sur la situation'.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé lundi que son pays ne renouvellerait pas le mandat de la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH), qui est arrivé à échéance jeudi. 'Nous n'autoriserons pas la poursuite de la présence d'une force internationale qui agit contre nous', avait-il dit.

Accusations 'non fondées'

Des accusations 'fermement' rejetées par les cinq ministres. 'De telles allégations sont inacceptables et non fondées', écrivent-ils dans leur déclaration commune publiée notamment sur le site du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Selon eux, 'la TIPH a rempli son mandat avec diligence, comme les deux parties l'avaient demandé, et a ainsi contribué à prévenir la violence et à promouvoir un sentiment de sécurité pour la population d'Hébron'.

Constatant que la situation dans la ville reste 'tendue et fragile', les ministres exhortent 'les parties à progresser vers un règlement pacifique du conflit et à régler toutes les questions en suspens. Seule une solution négociée à deux Etats peut créer une paix durable entre les parties, Israël et la Palestine vivant côte à côte dans la paix et la sécurité à l'intérieur de frontières internationalement reconnues'.

Dans l'intervalle, Israël a 'l'obligation, en vertu du droit international, de protéger la population d'Hébron et d'autres parties du territoire palestinien occupé' et 'de faire en sorte que les auteurs de violations soient tenus responsables', ajoute le texte.

Une poudrière

Hébron est la plus grande ville de Cisjordanie. Elle est souvent décrite comme une poudrière où vivent 600 colons israéliens protégés par des milliers de soldats, des blocs de béton et des miradors, au milieu de 200'000 habitants palestiniens.

La TIPH y est déployée en vertu d'un accord israélo-palestinien conclu après le massacre en février 1994 par un colon israélien de 29 Palestiniens priant dans le Caveau des Patriarches, lieu saint pour les juifs et les musulmans. Son mandat devait être renouvelé tous les six mois. Il est arrivé à échéance jeudi 31 janvier.

Cette mission civile d'observation avait pour principale tâche de recenser et rapporter les violations commises par les deux camps, mais n'était pas autorisée à intervenir directement lors d'éventuels incidents.

Elle comprenait une soixantaine d'observateurs de nationalité norvégienne, suédoise, italienne, suisse et turque. La Confédération, qui participe à la TIPH depuis 1997, envoyait ces dernières années entre trois et cinq experts. Actuellement, elle en comptait trois, a précisé le DFAE à Keystone-ATS.

Suissesse tuée

Dans leur déclaration commune, les cinq ministres rendent hommage à toutes les personnes qui ont servi dans la TIPH ces 22 dernières années, 'souvent dans des circonstances difficiles'. Ils saluent en particulier la mémoire de la Vaudoise Catherine Berruex et du Turc Turgut Cengiz Toytunç, tués en 2002 dans l'exercice de leurs fonctions.

/ATS
 

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