Lourdes peines de prison dans l'affaire « Elisa »

Les deux prévenus écopent de quatre ans et demi et trois ans et demi de prison pour de multiples ...
Lourdes peines de prison dans l'affaire « Elisa »

Les deux prévenus écopent de quatre ans et demi et trois ans et demi de prison pour de multiples cambriolages

Château de Porrentruy

Le tribunal pénal à Porrentruy a prononcé de lourdes peines de prison ferme pour les deux prévenus de l'affaire « Elisa », du nom de cet ancien bar-hôtel de Grandval où vivaient les malfrats. L'homme qui comparaissait depuis lundi écope de quatre ans et demi de prison ferme. Le second, en fuite après s'être évadé de prison, est condamné à trois ans et demi de réclusion. Tous deux sont reconnus coupable de vols en bande et par métier après avoir commis une quarantaine de cambriolages dans le Jura, le Jura bernois et d'autres régions de Suisse en 2015.

 

« Des pros, pas des enfants de coeur »

Le seul dispositif des peines tient en 13 pages et a nécessité pas moins de 18 minutes de lecture ! Voilà qui en dit long sur le palmarès des prévenus : 36 vols retenus pour l’un, 17 pour l'autre. Aucun doute pour la juge Corinne Suter, ce sont bien des « pros du cambriolage, pas des enfants de cœur ». Elle reprend sans hésitation les termes de la procureure, « des ressortissants des Balkans venus uniquement en Suisse pour voler et en vivre, pas la moindre trace d’un contrat de travail ! », souligne-t-elle. Le professionnalisme de ces cambrioleurs est longuement décrit : des hommes équipés de pieds de biche, tournevis, véhicules, talkie-walkies, et disposant d'une grande connaissance des biens qui se revendent facilement sur les marchés parallèles. Leur « organisation » passe également par des QG communs tels le bar « Elisa » à Grandval mais aussi « Le Mustang » à Crémines.

 

115'000 francs de frais judiciaires !

Le prévenu, debout et stoïque, esquisse un petit sourire à l’énumération des modes opératoires. Mais les mots de la présidente sont forts. Elle parle de « rafles » pour relever l’intensité des cambriolages. Traces ADN, traces de pas, observations et filatures de la police… Rien, ou très peu d’éléments sont de nature à atténuer la peine. Et sûrement pas les propos du principal prévenu devant le tribunal qui « n’exclut pas de recommencer ! », tombe des nues la juge Corinne Suter. Ce sont surtout les gros chiffres qui auront donné à cette affaire un écho particulier : 142 chefs d'accusation, 51 parties plaignantes et au final des frais judiciaires qui s'élèvent à 115'000 francs pour les deux prévenus ! Le feuilleton n’en est pas encore à son épilogue puisqu'un troisième homme impliqué, lui aussi en fuite après s’être évadé de prison, sera jugé le mois prochain. /jpi


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