Le doute a profité à l’ex-infirmier qui comparaissait depuis jeudi devant la justice jurassienne. Le Tribunal pénal de première instance a acquitté vendredi après-midi l’homme qui était accusé du viol d’une patiente dans les toilettes des urgences de l’Hôpital du Jura à Delémont. Les juges ont estimé qu’il était impossible de savoir ce qu’il s’est réellement passé ce jour de février 2017.
Trop d’incertitudes et de contradictions
« La réalité n’est jamais toute noire ou toute blanche ». Cette expression illustre parfaitement l’affaire en cause, selon le président du Tribunal. Pascal Chappuis a insisté sur les fortes variations dans les déclarations du prévenu et de la plaignante. Il a indiqué n’avoir pu retenir aucun indice suffisant pour corroborer la version de la patiente, précisant qu’il n’avait pas pu être prouvé scientifiquement qu’une pénétration avait eu lieu. Les deux parties se sont, pour le juge, obstinées à nier l’évidence et ont tout fait pour empêcher le Tribunal d’accéder à la vérité.
Pascal Chappuis a également relevé que la plaignante n’avait, dans les messages échangés avec ses amis après les faits, jamais parlé de viol, mais seulement de tentative et d’attouchements. Le juge s’est également étonné de son comportement lorsqu’elle est revenue dans la chambre. La plaignante y est retournée calmement et a passé quarante minutes sur son téléphone portable pour, notamment, effacer certains messages échangés avec le prévenu auparavant. Au vu de ces éléments, le Tribunal de première instance a estimé que le doute devait profiter à l’accusé.
Appel annoncé
Le prévenu recevra également des indemnités de 43'000 francs, dont une partie pour tort moral. La procureure, Laurie Roth, a déjà indiqué que le Ministère public fera appel de la décision. L’avocate de la plaignante a, elle, dit vouloir d’abord discuter avec sa cliente avant de se prononcer. /alr









