Les incivilités au cœur du problème de la piscine à Porrentruy

L’aspect sécuritaire a lourdement pesé dans la décision de la Municipalité d’interdire l’accès ...
Les incivilités au cœur du problème de la piscine à Porrentruy

L’aspect sécuritaire a lourdement pesé dans la décision de la Municipalité d’interdire l’accès aux non-résidents en Suisse. Le commissaire décrit une situation qui était devenue difficilement gérable avec des jeunes essentiellement issus de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard

La situation devenait parfois ingérable au bord des bassins, selon la police et les gardes-bains. La situation devenait parfois ingérable au bord des bassins, selon la police et les gardes-bains.

« Depuis la prise de la mesure, les incivilités ont totalement changé », laissait entendre le maire de Porrentruy, Gabriel Voirol, mardi soir sur RFJ. Des propos également confirmés par le commissaire Dominique Vallat de la police bruntrutaine, ainsi que par la sécurité de la piscine. Si la commune a toujours invoqué jusque-là un double problème sanitaire et sécuritaire pour justifier sa décision, il apparaît désormais clairement que ce sont surtout les incivilités croissantes qui ont pesé. Le maire confiait d’ailleurs que l’interdiction, telle qu’elle est actuellement présentée, ne tiendrait plus une fois la crise sanitaire passée et qu’il faudrait trouver « d’autres solutions pour les incivilités ».


« On se sentait impuissant, pas en sécurité »

Ce sont, en effet, les remontées des agents sur le terrain qui ont principalement conduit les autorités à adopter cette mesure drastique. Fin juillet, le commissaire de la police locale Dominique Vallat et les responsables des gardes-bains de la piscine se sont réunis avec les conseillers communaux en charge du dossier, Philippe Eggertswyler et Julien Loichat. Ils ont fait part de fortes tensions, d’une situation difficilement gérable. Gabriel Voirol évoquait mardi soir des bandes de jeunes. D’où viennent-ils ? « En très grande majorité de France voisine et de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard », confie le commissaire qui évoque des individus aux casiers judiciaires parfois très lourds. Les mots, les insultes, les provocations, les bousculades, « c’était quasi quotidien lors des beaux jours », lâche le responsable des gardes-bains Thomas Schaller. Il évoque des bandes d’une dizaine, voire d’une quinzaine de fauteurs de troubles, parfois plusieurs groupes sur une même journée. « On se sentait impuissant, pas en sécurité », souffle Thomas Schaller.


La liste des « interdits de piscine » comporte actuellement davantage de personnes domiciliées en Suisse

Selon la police, l’identification des personnes aux comportements déplacés est souvent difficile. Si certains donnaient de faux noms, les cartes d‘identité sont désormais demandées à l’entrée. La piscine de Porrentruy tient par ailleurs une liste des personnes interdites d’accès durant une année, en d’autres termes des contrevenants aux règles de vie qui ont fait l’objet d’une sanction. Cette liste compte actuellement une dizaine de noms. « La plupart sont domiciliés en Suisse, une minorité à l’étranger », reconnaît Dominique Vallat. Thomas Schaller évoque, lui, une liste pouvant aller jusqu’à « une trentaine de noms les années précédentes, avec une très grande majorité d’individus domiciliés en France voisine ». D’où la mesure décidée par la municipalité. Si elle vise essentiellement à stopper ces fameux groupes, elle pénalise aussi plus largement la nombreuse clientèle française habituelle. « Ça me fait mal au cœur pour les familles qui n’ont rien fait de mal », confie le commissaire. Mais, depuis la mise en place de ces restrictions il y a une semaine, la police n’a plus eu à intervenir à la piscine. Thomas Schaller affirme même que le « mode vacances et les sourires » sont revenus autour des bassins. /jpi


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