18 ans de prison contre deux amants condamnés pour assassinat

Le Tribunal pénal de première instance à Porrentruy a prononcé cette peine mercredi contre ...
18 ans de prison contre deux amants condamnés pour assassinat

Le Tribunal pénal de première instance à Porrentruy a prononcé cette peine mercredi contre un homme et une femme reconnus coupables d’avoir tué le mari de cette dernière en février 2018 à Delémont. Ils seront expulsés du territoire suisse pendant 15 ans

Le lieu du crime à Delémont en 2018. (Photo : archives) Le lieu du crime à Delémont en 2018. (Photo : archives)

La justice jurassienne a prononcé une peine rare dans le canton. Le Tribunal pénal de première instance a condamné deux amants à 18 ans de prison ferme mercredi à Porrentruy. Ils ont été reconnus coupables d’assassinat, de délit manqué de meurtre et d’incendie intentionnel qualifié. De nationalité étrangère, ils seront également expulsés du territoire suisse pendant 15 ans. Les faits remontent à février 2018 à Delémont. Le prévenu avait frappé le mari de sa maîtresse à la tête avec une massette, puis avait mis le feu à l’appartement familial pour faire passer le crime pour un accident. Les deux amants avaient déjà essayé d’empoisonner la victime quelques semaines auparavant, sans y parvenir. Ils ont été reconnus co-auteurs de ces actes.

La juge a évoqué un stratagème démoniaque et une exécution effroyable. Le Tribunal a reconnu que les deux amants ont planifié le crime ensemble et agi avec le concours de l’autre lors des différentes étapes. Certes, il y avait un conflit préalable avec le mari, qui ne respectait pas son épouse, buvait et se droguait. Mais si les prévenus voulaient l’éliminer, c’était pour pouvoir vivre leur histoire d’amour sans obstacle et le tuer était un moyen complétement disproportionné pour y parvenir. La femme ne voulait pas divorcer pour des questions de traditions culturelles et de religion. La juge a estimé qu’elle a donc voulu satisfaire des intérêts égoïstes, qui plongent les trois enfants du couple dans une situation difficile.


« Une mise à mort qu’on n’aurait même pas utilisée pour un animal »

La mise à mort a aussi eu son influence dans le verdict. La femme a trouvé un prétexte pour quitter l’appartement avec le plus âgé de ses enfants, en s’assurant de laisser la porte ouverte, avant de prévenir son amant qui a mis le plan à exécution. Le mari a d’abord été frappé très violemment à la tête, alors qu’il dormait dans le salon avec ses deux autres enfants. Le prévenu l’a ensuite traîné à la cuisine, alors qu’il était à moitié conscient. Il a ouvert le gaz de la cuisinière et répandu de l'essence autour du corps pour lui mettre le feu, provoquant deux explosions et un incendie. Le mari a donc été étouffé par le monoxyde de carbone, avant d’être la proie des flammes. La juge a déclaré que même un animal on ne l’aurait pas tué ainsi.

Les deux amants devront payer 35'000 francs à chacun des trois enfants du couple pour tort moral. Ils devront aussi s’acquitter chacun de plus de 110'000 francs de frais judiciaires. L’homme a aussi reconnu devoir 96'000 francs aux copropriétaires de l’immeuble incendié. /emu


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