Le juge pénal à Porrentruy a estimé vendredi que le jeune homme, qui avait fait un accident à Alle en 2019 et causé de graves blessures à son passager et ami, était coupable de délit manqué de meurtre par dol éventuel. Il écope de 3 ans de prison, dont un an ferme.
Trois ans de prison, dont un an ferme, pour délit manqué de meurtre par dol éventuel. C’est la peine prononcée à l’encontre d’un jeune homme vendredi par le juge David Cuenat, au Tribunal pénal de première instance à Porrentruy. Après une soirée arrosée, le garçon avait pris place à bord d’une voiture avec son ami, le plaignant. Les deux hommes ont alors été victimes d’un accident de la route à Alle. Le plaignant a été grièvement blessé, au rein notamment.
Aucun doute sur la culpabilité du prévenu
Dans cette affaire, le juge devait déterminer si le prévenu était bel et bien au volant lors de l’accident. Et c’est effectivement ce qui a été retenu : pour le magistrat, il ne fait aucun doute que le suspect conduisait la voiture ce matin-là, et que le plaignant était passager à l’arrière. Parmi les divers éléments qui permettent de l’affirmer, David Cuenat a rappelé que c’est la voiture du prévenu qui a été accidentée. Il n’aurait pas été logique, pour le plaignant, de prendre la voiture de son ami, alors qu’il venait justement de lui demander de le ramener chez lui pour ne pas avoir à conduire en état d’ébriété. Autre élément qui a pesé dans la balance selon le juge : le comportement du prévenu. Selon des témoins arrivés peu après sur les lieux de l’accident, le garçon était « agité, virulent, paniqué », il aurait dit à un témoin : « J’ai fait un accident, je l’ai tué, c’est mon frère »… Et lorsqu'une personne aurait tenté d'appeler à l'aide, le prévenu aurait ajouté : « Non, n’appelle personne ». Pour le juge, ce n’est pas le comportement de quelqu’un qui n’a rien à se reprocher.
Acceptation des risques
Mais ce qui a d’autant plus convaincu le magistrat de la culpabilité du prévenu, ce sont les traces de sang dans le véhicule : l’ADN du suspect a été retrouvé à la place du conducteur et sur le pommeau de vitesse… alors que l’ADN du plaignant n’y figurait pas, ou très peu. De quoi prouver que le prévenu était au volant, tandis que le plaignant se trouvait à l’arrière… « Une place qui lui a sans doute sauvé la vie », selon le juge. Par ailleurs, le prévenu était sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants au moment des faits et il a roulé à 150 km/h dans une zone limitée entre 50 et 60km/h… alors même que sa petite amie d’alors lui avait dit par message : « Tu vas te buter, t’es ridicule ». Le juge a donc estimé qu'en prenant le volant ce matin-là, l’homme a accepté, en toute connaissance de cause, de courir le risque de causer des blessures, voire la mort. Suivant ces éléments, le délit manqué de meurtre par dol éventuel a donc été retenu. Le prévenu a été condamné à trois ans de prison, dont 2 ans avec sursis, ainsi qu’à diverses peines pécuniaires. Il est aussi exclu du territoire suisse pendant 5 ans. /cto








