Le mouvement présente dix candidats au Conseil de ville en vue des élections municipales du 27 novembre à Moutier. Sur sa liste, des profils très différents, tous animés par la volonté d'instaurer un mode de gestion rigoureux
Le mouvement Moutier à venir (MAV) s'est présenté vendredi à la presse avec les candidats de la liste UDC au Conseil municipal. Certains figurent sur les deux listes. De gauche à droite : Benoit Marchand (MAV), Francis Pellaton (MAV), Stéphane Girardin (MAV et UDC), Marc Tobler (UDC), Francis Carnal (MAV), Suzanne Kohler (UDC) et Jean-Guy Berberat (MAV).
Le mouvement Moutier à venir change quelque peu de visage pour les élections municipales du 27 novembre. Fondée en 2018 sur des bases antiséparatistes, mais en se distançant des partis traditionnels, la formation tentera de se faire une place au Conseil de ville où elle ne détient pour l'heure qu'un seul siège. Pour y parvenir, Moutier à venir veut mettre une priorité absolue sur les intérêts de la ville et de sa population, ont répété vendredi matin plusieurs candidats devant la presse.
Profils différents
Des candidats qui ne présentent d'ailleurs pas tous le même profil ; Francis Carnal, ancien élu UDC, qui avait démissionné l'an dernier avec ses collègues antiséparatistes, souhaite désormais retrouver son siège. « La démission en bloc devait provoquer un électrochoc, une remise en question de la politique de la majorité. Force est de constater que ça n’a pas fonctionné, d’où ma volonté de revenir au législatif pour qu’il y ait une vraie opposition, des gens qui mettent le doigt où ça fait mal », a-t-il expliqué. De son côté, Stéphane Girardin a débarqué à Moutier en 2018 de son Jura natal. Ancien habitant de Cornol, le trentenaire a voulu laisser les Prévôtois décider de leur sort insitutionnel avant de s'engager politiquement. « J’ai envie, comme tout le monde, d’une ville saine qui regarde vers l’avenir avec confiance. Je veux aussi et surtout représenter l’électorat de droite, qui est encore bien présent à Moutier », souligne le membre de l’UDC. Troisième profil, encore différent : celui de Benoit Marchand, lequel a annoncé d'entrée de jeu ne pas faire partie des antiséparatistes prévôtois. « Cette question importe peu désormais. Le camp probernois a toujours été, à raison, alarmiste au sujet des finances et de la gestion de la ville. Se consacrer à ces problèmes va dans l’intérêt de toute la population. »
Benoit Marchand : « Il faut revenir à une vie politique normale à Moutier »
Plan d'économies conséquent
C'est là le trait d'union entre tous les candidats de Moutier à venir : mettre en place une politique budgétaire rigoureuse, rationnelle et efficace. Comme l'a souligné Jean-Guy Berberat à ce propos, la ville ne doit pas viser seulement l'équilibre financier, mais des résultats positifs. Pour le mouvement, cela passera forcément par une gouvernance transparente et un plan d'économies conséquent et cohérent.
Quant au transfert de Moutier dans le canton du Jura, tout le monde s'accorde sur le fait que les promesses jurassiennes devront être tenues. Le processus suit son cours et devra faire l'objet d'une surveillance sérieuse. A ce propos, la méfiance est de mise chez certains candidats connus pour leur positionnement antiséparatiste. D'autres appellent de leur voeu l'instauration d'un climat sain et constructif entre les cantons du Jura et de Berne, aussi entre Moutier et les communes qui l'entourent. Dans un esprit de « changer pour un mieux », selon les termes utilisés par Benoit Marchand.
L'UDC mise sur l'exécutif
Au vu de la présence de certains de ses sympathisants sur la liste Moutier à venir, l'UDC prévôtoise a profité de la conférence de presse de vendredi matin pour présenter sa propre liste destinée uniquement au Conseil municipal. On retrouve parmi les quatre candidats en lice les deux sortants, Suzanne Kohler et Marc Tobler. Ce dernier l'a déclaré sans détour : « Je reste très déçu du résultat du vote du 28 mars 2021 en faveur d’un transfert de Moutier dans le canton du Jura. Mais c’est désormais derrière. En tant que responsable des finances de la ville, je ne pouvais pas quitter le bateau alors que les travaux d’assainissement ont à peine débuté. Moutier, c’est ma ville, j’y suis né. »
Marc Tobler : « On représente encore 45% de la population »
Suzanne Kohler elle aussi espère pouvoir mener à bien les dossiers qu'elle gère au sein de l'exécutif, notamment la refonte de l'école à journée continue. Tant pour l'UDC que pour Moutier à venir, la question sera de savoir quelle sera la participation aux élections du 27 novembre, et surtout si l'électorat traditionnellement antiséparatiste ou d'opposition va se déplacer aux urnes. « Impossible de le savoir. Ça sera la surprise », sourit Marc Tobler. A noter encore que Moutier à venir s'attaque aussi à la mairie avec la candidature de Francis Pellaton. « Une décision entièrement personnelle. Aucun parti n’est venu me chercher », a-t-il rappelé vendredi. /oza








