Droite et gauche s’opposent sur une éventuelle hausse des impôts

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Droite et gauche s’opposent sur une éventuelle hausse des impôts

L’idée émise cette semaine par le CS-POP suscite un accueil contrasté dans les partis politiques jurassiens. La droite y est opposée, alors que la gauche estime que la question doit être mise sur la table

L'idée d'augmenter la quotité d'impôt ne suscite pas l'unanimité au sein des partis politiques jurassiens. (Photo d'illustration libre de droits). L'idée d'augmenter la quotité d'impôt ne suscite pas l'unanimité au sein des partis politiques jurassiens. (Photo d'illustration libre de droits).

La piste lancée par le CS-POP d’éventuellement augmenter les impôts dans le Jura ne suscite pas l’unanimité, loin s’en faut. Le parti de gauche alternative a publié récemment un communiqué pour dire qu’une hausse de 0,5% de la quotité ne devait plus être considérée comme un tabou. Le CS-POP n’a pas, en l’état, présenté de proposition concrète, notamment par le biais d’une intervention au Parlement. Le sujet fait toutefois du bruit dans le landerneau politique jurassien et notamment du côté de la droite et du centre-droit qui ne cachent pas leur opposition.

Pour le président de l’UDC Jura, la hausse des impôts s’assimile à un totem. Thomas Stettler rappelle que la pression fiscale est déjà « trop forte » dans le Jura et qu’il faut « être attentif aux contribuables existants ». Il estime que l’amélioration des finances de l’État doit passer par « l’abandon de prestations » et « des employés en moins » dans la fonction publique.

Le président ad intérim du PLRJ qualifie la hausse de la fiscalité « d’oreiller de paresse ». Pour Gabriel Voirol, il s’agit « d’un tabou tant que les autres tabous n’ont pas été levés », à savoir les prestations, les emplois et l’organisation de l’État. Il estime, par ailleurs, qu’une augmentation de 0,5% de la fiscalité représente « de la poudre aux yeux » puisqu’elle ne rapporterait que 4,5 millions de francs alors que l’État jurassien doit désormais « trouver environ 50 millions de francs ».

Le son de cloche est identique du côté du Centre Jura dont le président taxe l’idée du CS-POP de « démagogique ». Pour Pascal Eschmann, il s’agit de « laisser le Parlement faire son travail » sur le Plan équilibre 22-26. « Il faut réfléchir aux autres pistes avant de parler d’une hausse de la fiscalité », indique le président du Centre, et « ne pas mettre la charrue avant les bœufs ».

Du côté du Parti vert’libéral, le président Didier Receveur estime qu’une hausse de la fiscalité est « bien la dernière chose à faire ». Il voit également une incohérence dans le fait qu’une telle idée est lancée alors que la majorité du Parlement a soutenu récemment la création de postes de secrétaires généraux de départements.


La gauche plus ouverte

À gauche de l’échiquier politique, l’idée est accueillie de manière un peu plus favorable. Le débat mérite d’être mené pour la présidente du Parti socialiste jurassien. Katia Lehmann estime qu’il est « normal » d’aborder la question, alors que l’État cherche à augmenter ses recettes. Pour elle, « il existe des choses à faire au niveau des impôts », sans forcément augmenter ceux des personnes physiques. Katia Lehmann évoque des ajustements au niveau de la progressivité ou de certains plafonds. La présidente du PSJ reconnaît toutefois que la temporalité n’est pas idéale.

Du côté des Verts, l’idée est accueillie de la même manière. La co-présidente Céline Robert-Charrue Linder estime important que les « couches les plus fragiles de la société ne soient pas prétéritées ». C’est donc un « oui » sur le principe mais pas à n’importe quel prix. Céline Robert-Charrue Linder souligne cependant qu’une telle démarche ne serait pas évidente à mettre en œuvre.

Le PCSI est lui plus réservé face à l’idée d’augmenter la quotité d’impôt. « Elle ne suscite pas un enthousiasme débordant », indique son président. Thomas Schaffter voit dans cette piste une « solution de facilité alors que d’autres mesures d’économies plus sérieuses méritent d’être étudiées ». Il ajoute que la charge fiscale est déjà importante dans le Jura, notamment pour la classe moyenne. /fco-alr


 

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