Le Tribunal pénal a rendu mercredi matin son verdict dans le procès qui l’occupe depuis la semaine passée. Les juges ont retenu la tentative d’assassinat à l’encontre du tireur et du chauffeur
Le verdict est tombé dans le procès des coups de feu tirés depuis une voiture en 2021 à Delémont. Trois jeunes hommes ont été condamnés mercredi matin par le Tribunal pénal à de la prison ferme pour s’en être pris à une bande rivale. Un des plaignants avait été gravement blessé. Le jugement a été rendu sous haute surveillance et en présence de nombreux policiers.
Le tireur et le chauffeur ont été reconnus coupables de tentative d’assassinat. Chacun a écopé de 12 ans de peine privative de liberté, celle du second comprend toutefois la révocation d’un sursis prononcé en septembre 2020 par le Tribunal des mineurs pour une agression. La complicité de tentative d’assassinat a été retenue à l’encontre du passager arrière. Ce dernier a été condamné à 5 ans et demi de prison et sera, par ailleurs, expulsé du territoire suisse pour une durée de cinq ans.
Un mobile « futile »
Quatre personnes se trouvaient cette nuit-là dans le véhicule concerné : les trois prévenus et un mineur qui n’était pas partie à la procédure devant le Tribunal pénal. Selon la présidente, tant le tireur, le chauffeur et le passager arrière savaient qu’une arme était présente et que celle-ci allait être utilisée. Durant plusieurs heures, les prévenus ont cherché le groupe de plaignants et attendu le bon moment pour agir, d’après Marjorie Noirat.
La juge a estimé que le tireur avait eu la volonté de tuer froidement cinq personnes. Il a agi, selon elle, sans aucun scrupule, ayant même pris le temps d’éteindre son téléphone et pour un mobile « extrêmement futile et très égoïste », à savoir quelques mauvais regards, doigts d’honneur ou coups de poing échangés. La présidente du Tribunal a ajouté que le prévenu aurait simplement pu montrer l’arme ou tirer un coup en l’air s’il voulait réellement faire peur aux plaignants.
Un passager arrière au rôle secondaire
En ce qui concerne le chauffeur, Marjorie Noirat a indiqué qu’il avait participé de manière active et déterminante à la réalisation de l’infraction. Il a notamment fait demi-tour et ralenti pour permettre au tireur de faire feu. La présidente du Tribunal a, en revanche, expliqué que le passager arrière n’avait pas eu un rôle prépondérant dans les faits, d’où la complicité retenue à son encontre. Il a toutefois adhéré, selon elle, au projet pour soutenir ses amis et par loyauté.
Marjorie Noirat a enfin insisté sur le mauvais comportement des prévenus qui ont menti à de nombreuses reprises durant la procédure. Selon elle, ils ont adapté leur version des faits en fonction de l’avancée de l’enquête et des preuves qui leur étaient soumises. À l’inverse, la juge a souligné les déclarations « crédibles et concordantes » des parties plaignantes.
La période de détention effectuée avant le jugement sera déduite des peines prononcées, à savoir 746 jours pour le tireur et le chauffeur ainsi que 582 jours pour le passager arrière.
Notez que les trois jeunes hommes devront s’acquitter solidairement d’indemnités pour tort moral de plus de 50'000 francs et de frais de justice dépassant les 250'000 francs. /alr









