Des entreprises ont boycotté la réunion sur la géothermie

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Des entreprises ont boycotté la réunion sur la géothermie

La séance d’information sur la géothermie profonde organisée lundi soir à destination des industriels de Haute-Sorne n’a attiré que deux entrepreneurs. Parmi les absents, certains invoquent une indisponibilité, d’autres n’y sont volontairement pas allés

Plusieurs entrepreneurs de Haute-Sorne restent opposés au projet de géothermie profonde. (Photo : Georges Henz). Plusieurs entrepreneurs de Haute-Sorne restent opposés au projet de géothermie profonde. (Photo : Georges Henz).

En termes de participation, la séance d’information sur la géothermie profonde organisée lundi soir à destination des industriels de Haute-Sorne a fait un flop. Seuls deux entrepreneurs ont répondu à l’invitation de la Commission de suivi et d’information du projet. En 2019 pourtant, 37 entreprises, dont une quinzaine de Haute-Sorne et Boécourt (zone concernée par les éventuels risques liés au projet), avaient signé une lettre demandant l’arrêt du projet en raison de leurs craintes sur la sismicité et ses conséquences sur les activités industrielles, en particulier liées à la haute précision. La réunion de lundi visait, précisément, à les rassurer sur ce point.


Le sentiment que les dés sont jetés

Parmi les entreprises de Haute-Sorne signataires de cette lettre et absentes à cette fameuse réunion, certaines avancent simplement une « indisponibilité » ou disent « ne pas avoir été au courant » et l’auraient découvert dans les médias ce mardi matin. D’autres patrons, en revanche, avouent clairement avoir boycotté la réunion avec le sentiment que les dés sont pipés et jetés d’avance. Cédric Bourquard ne voit pas l’intérêt de se rendre à une réunion « qui n’est pas faite pour discuter de principe de réaliser ou non le projet ». Cet opposant affiché à la géothermie qui dirige l’entreprise horlogère Pibor Iso SA à Glovelier est aussi agacé de n’avoir reçu aucune réponse claire aux deux courriers de 2017 et 2019 adressés au Gouvernement par des entrepreneurs locaux craintifs. « On travaille sur nos machines au millième de millimètre. On craint donc pour notre activité industrielle car beaucoup d’exemples de géothermie dans le monde n’ont pas marché ou se sont traduits par de la sismicité », étaye Yves Schaller de l’entreprise Henri Schaller SA à Bassecourt. Lui n’a « pas vu passer de convocation » et affirme qu’il ne serait de toute façon pas allé à la réunion d’une « commission de suivi et d’information pilotée par Geo-Energie Suisse ». Il n’a d’ailleurs toujours pas digéré la décision du Gouvernement de poursuivre le projet alors que le Parlement jurassien avait voté son arrêt, ni le fait que le peuple n’ait pas son mot à dire.


« Les conséquences sur nos machines demeurent des interrogations »

« On avait reçu un courrier mais je ne pouvais pas m’y rendre. J’y serais peut-être allé par curiosité », laisse entendre un autre entrepreneur de Glovelier souhaitant rester anonyme. « On est à moins d’un kilomètre du site. Les conséquences sur nos machines demeurent des interrogations. Savoir qu’il y aura des contrôles, c’est un plus, mais à d’autres endroits où des forages ont été réalisés, il y a eu des fissures quand même. C’est un sujet délicat », ajoute le chef d’entreprise qui gère aussi un parc de machines répondant à des tolérances très fines. La médiatisation des exemples de géothermie dans le monde n’ont souvent fait qu’attiser les craintes de ces patrons d’entreprises. Pour beaucoup, seul « l’abandon du projet » viendrait les rassurer. /jpi


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