Sauvés de l’extinction, 191 alambics exposés ce week-end à Porrentruy

Témoins et survivants de la « prohibition » suisse des années 30, ces pièces seront pour la ...
Sauvés de l’extinction, 191 alambics exposés ce week-end à Porrentruy

Témoins et survivants de la « prohibition » suisse des années 30, ces pièces seront pour la première fois exposées au grand public samedi à dimanche à l’occasion des 5 ans d’Ô Vergers d’Ajoie et de la St-Martin

Alain Perret ( à gauche), propriétaire d'Ô Vergers d'Ajoie et Olivier Boillat, responsable communication de la FRI, installent ces alambics survivants d'une politique d'extinction. Alain Perret ( à gauche), propriétaire d'Ô Vergers d'Ajoie et Olivier Boillat, responsable communication de la FRI, installent ces alambics survivants d'une politique d'extinction.

Leur histoire est presque romanesque. Les 191 alambics qui seront exposés ce week-end à Porrentruy à l’occasion des 5 ans d’Ô Vergers d’Ajoie sont les survivants d’une politique d’extinction grâce à la filouterie d’un citoyen jurassien. Pas un hasard si cette exposition inédite tombe 90 ans après la confiscation des alambics en Suisse en 1933 en raison des graves problèmes d’alcoolisme que connaît alors le pays. « C’est une collection nationale, ces alambics viennent de toute la Suisse, pas seulement du Jura. La régie fédérale des alcools avait saisi ces alambics dans le but de les détruire. Mais ici, le Jurassien Pierre Schaller s’est élevé contre cet ordre et a sauvegardé à l’insu de ses supérieurs cette collection dans un local à Delémont », raconte Elodie Paupe, cheffe de l’Office jurassien de la culture.

Elodie Paupe : « Une collection unique en Suisse »

Ces alambics seront montrés pour la première fois au public. Des grands, des petits, des biscornus, des bricolés... Une histoire folle et un charme fou qui fascine toujours le public. « Les professionnels aiment la technique, la technologie qui se cache derrière. Mais pour tout un chacun, c’est l’esthétique de ces pièces qui fascine. On est sur quelque chose de l’ordre du Steampunk (NDLR Genre littéraire de science-fiction), ça part dans tous les sens, c’est cuivré, il y a des tuyaux, ça brille… Certains sont issus de grandes fabriques, d’autres sont bricolés clandestinement, parfois à partir de lessiveuses ! », sourit Elodie Paupe. Des curiosités à voir samedi et dimanche Ô Vergers d’Ajoie entre animations, visites guidées et dégustation. Héros du sauvetage de ces pièces d’importance nationale, Pierre Schaller sera aussi présent. /jpi


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