Le Ministère public jurassien ouvre une instruction contre inconnu pour fraude électorale, éventuellement tentative, éventuellement faux dans les titres, annoncent les autorités dans un communiqué mardi en fin de journée. De possibles irrégularités dans une liste de parrainage du ministre sortant Martial Courtet ont été soulevées par « La Torche ». L’une de ses publications relève « 10 à 11 signatures qui très clairement avaient exactement le même style » sur la liste de Martial Courtet. Le média satirique jurassien relate avoir ressenti « un sérieux malaise » à la lecture de la liste et évoque une Chancellerie prise aussi d'un « sérieux doute » face à ces similitudes troublantes lors du dépôt des listes. Sous-entendu, une même main pourrait être à l’origine d’une dizaine de signatures. « Les listes de signatures sont publiques, mais la procédure de contrôle ne l’est pas. Le média satirique n’était donc pas présent lors du contrôle effectué par la Chancellerie, et son commentaire sur le malaise constaté lui appartient et n’engage que lui », a réagi le Canton du Jura sur nos réseaux sociaux.
Martial Courtet : « Je ne me suis pas occupé de ces signatures »
Selon la Chancellerie d’État, il n’y a pas de quoi invalider la candidature de Martial Courtet qui contenait bien plus de paraphes (NDLR 95 signatures) que les 50 nécessaires. Mais les doutes soulevés par La Torche sont visiblement suffisants pour justifier une enquête du Ministère public sur le plan pénal. La procureure générale Frédérique Comte a saisi ce mardi la liste de parrainage en question dans les locaux de la Chancellerie d’État en vue de vérifications. Contacté, le candidat Martial Courtet affirme qu’il ne s’est « pas du tout occupé de ces signatures. J’ai appris lundi matin (les listes devant être déposées avant midi) que le compte était bon, qu’il y en avait même 95. Mais j’ai toute confiance dans la bonne foi des gens qui ont soutenu cette démarche ». La liste a ensuite été déposée vers 11h00 à la Chancellerie d’État par sa compagne Emilie Guillaume. « C’est elle qui a réceptionné les signatures et les a amenées à la Chancellerie », confirme Martial Courtet, précisant que sa compagne figure comme « mandataire » de la liste contenant par ailleurs une trentaine de signatures aux Breuleux, récoltées par le maire PLR Renaud Baume.
La Chancellerie delémontaine n’a « rien remarqué de louche »
Les signatures douteuses concerneraient la ville de Delémont selon « La Torche ». À la Chancellerie delémontaine que nous avons contactée, David Comte, préposé au contrôle des habitants, confie n’avoir « rien remarqué » de louche. Il contrôle les noms, prénoms, dates de naissance, domiciliations et droits civiques des signataires. « Ça fait 20 ans que je fais ça, j’ai plutôt l’œil... mais on ne s’attarde pas non plus sur les signatures, ce n’est pas notre rôle ni notre mandat », confie-t-il. Vu l’urgence, le Ministère public veut aller vite : des résultats des premières investigations sont attendus d’ici la fin de semaine. « Tout doit être clair et clarifié », déclare Martial Courtet qui affirme n’avoir eu jusqu’à mardi soir « aucun contact avec le Ministère public ou la police ». À l’heure actuelle, cette instruction est ouverte « contre X » et toutes les personnes ayant participé à l’élaboration de la liste de Martial Courtet sont présumées innocentes. /jpi














