L’élection de Raphaël Ciocchi, l’immigration accomplie

Le citoyen de Courroux devient le premier ministre jurassien à porter un nom provenant d’une ...
L’élection de Raphaël Ciocchi, l’immigration accomplie

Le citoyen de Courroux devient le premier ministre jurassien à porter un nom provenant d’une communauté immigrée. Rencontre avec son père Dominique qui retrace l’histoire de la famille venue du Nord de l’Italie.

Dominique et Marie-Thérèse Ciocchi (-Fringeli) vivent à Courroux depuis plus de 40 ans. Ils sont les parents de Claude, Stéphane et Raphaël Ciocchi. (photo : famille Ciocchi) Dominique et Marie-Thérèse Ciocchi (-Fringeli) vivent à Courroux depuis plus de 40 ans. Ils sont les parents de Claude, Stéphane et Raphaël Ciocchi. (photo : famille Ciocchi)

« A Zone et Iseo, tout le monde a entendu parler de l’élection de Raphaël. » Une seule phrase suffit pour saisir. L’élection du socialiste Raphaël Ciocchi au Gouvernement jurassien a trouvé écho jusque dans la région natale de son père et de son grand-père venu en Suisse pour y trouver du travail. Enfant de la troisième génération, le nouvel élu est le premier ministre jurassien à porter un nom issu de l’immigration. Rencontre à Courroux avec son papa Dominique, à deux jours de l’instant solennel qui fera de Raphaël Ciocchi un ministre : la cérémonie d’investiture.

Dominique Ciocchi est né à Zone, petit village perché au-dessus du lac d’Iseo entre Bergame et Brescia. Dans les années 1960, son père traverse seul le Gothard « pour des raisons économiques », raconte Dominique. Une trentaine de personnes de Zone travaillaient aux Rondez et dans la région de Delémont, sous l’impulsion de l’un des leurs Franco Almici, le grand-père d’une certaine… Lara Gut ! L’épouse et les trois enfants (Dominique a deux sœurs, qui vivent toujours à Iseo) rejoignent le père de famille et s’installent dans la Vallée. « Six ans après, mon père a eu le mal du pays et toute la famille est rentrée en Italie ». Mais Dominique revient plus tard, invité au mariage d’un ami. « Ce fut fatal, raconte-t-il. En rentrant, j’ai dit à ma mère que je partais vivre en Suisse. »

Dominique Ciocchi : « En Italie, l’argent manquait. Pour évoluer, il fallait partir. »

Dominique Ciocchi s’installe à Courroux, épouse une Jurassienne, Marie-Thérèse, et travaille dans la même entreprise pendant… quarante ans ! L’Italie rimera avec vacances pour sa famille, ses trois enfants y passant un mois chaque été, ne rompant ainsi jamais le lien avec l’Italie.

« Je remercie la Suisse de m’avoir donné le droit de vote, de m’avoir permis d’être Suisse », dit-il avec reconnaissance. Cette ouverture aboutit cette semaine à la promesse solennelle de son fils Raphaël qui occupera la plus haute fonction politique régionale. « Bien sûr que je suis fier de son parcours, quel père ne le serait pas ? Mais surtout, je suis content pour lui parce qu’il a les qualités. Certains m’ont dit qu’il était trop mou pour un tel poste, mais il a prouvé qu’on peut être élu en faisant une politique douce. La vraie politique suisse, c’est celle-là, celle du consensus », image Dominique, poussant l’accomplissement de l’immigration jusqu’au bout. /clo

Dominique Ciocchi : « J’aurais voulu que mon père puisse vivre les élections de Raphaël. »


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