Au Parlement, le vert pâlit

Les élections de dimanche ont montré une nette érosion des partis de sensibilité écologiste ...
Au Parlement, le vert pâlit

Les élections de dimanche ont montré une nette érosion des partis de sensibilité écologiste : les Vert-e-s perdent trois sièges, tandis que le PVL disparaît du législatif. Dans les deux camps vient le temps de l’analyse et de la remise en question.

L'aile gauche du Parlement jurassien voit les rangs des Vert-e-s se dégarnir de trois sièges. (Photo : Georges Henz). L'aile gauche du Parlement jurassien voit les rangs des Vert-e-s se dégarnir de trois sièges. (Photo : Georges Henz).

La « vague verte » qui avait déferlé il y a cinq ans semble déjà se retirer. Dans les manifestations de l’époque et le soulèvement de la jeunesse pour le climat, les Vert-e-s avaient trouvé un terreau fertile pour passer de quatre à sept sièges au Parlement jurassien tandis que les Vert’libéraux en avaient profité pour faire leur entrée dans l’hémicycle. Cinq ans plus tard, les premiers nommés retombent à quatre sièges tandis que le PVL, lui, disparaît carrément du législatif après avoir vu ses deux sièges tomber en Ajoie et dans le district de Delémont. Le député vert'libéral Alain Beuret, non réélu, reconnaît « un échec », mais refuse de dire que son parti n'a pas su convaincre lors de la dernière législature.

Alain Beuret : « On est peut-être trop petits pour exister seuls. »

« Je suis très content de notre bilan, mais on est un petit parti, encore méconnu dans le Jura et pas bien visible de la population en général. On se bat pour la transition énergétique, mais la réalité est que la population, aujourd’hui, a d’autres préoccupations. On accumule crise sur crise, le Jura a des difficultés financières, la population a peur d’une hausse des impôts, des caisses maladie, tout ça vient devant les enjeux du climat et de l’écologie. On n'a peut-être aussi pas choisi les bonnes personnes », analyse Alain Beuret.


« C’est inquiétant, mais on prend acte du vote des électeurs »

Constat partagé par la coprésidente des Vert-e-s Pauline Godat qui avance des préoccupations tournées vers l’insécurité géopolitique et l’emploi. Faut-il en déduire que l’urgence climatique n’en est plus une aux yeux des électeurs ? « Il suffit d’ouvrir le journal pour voir que la thématique reste urgente, mais il semble que ce thème-là soit passé au second plan. C’est inquiétant à mon avis, mais on prend acte du vote des électeurs », souffle Pauline Godat qui concède que ce retour à quatre sièges illustre peut-être le « niveau de croisière » de son parti.

Pauline Godat : « On revient à notre niveau d’avant la vague verte, c’est peut-être notre niveau de croisière. »

« Pour nous, la disparition des Vert’lib’ est aussi une perte. C’était confortable d’avoir des alliés. On va devoir travailler pour aller chercher des alliances et des voix plus à droite pour faire passer nos priorités », esquisse la députée réélue du Bémont. Au PVL, le temps de l’introspection est aussi arrivé, sans pour autant remettre en question l’existence du parti qui ne compte plus d’élu. « On n’en est pas à ce degré-là, mais il faudra bien sûr se remettre en question. On a la porte ouverte pour discuter avec d’autres partis, on est peut-être trop petits pour exister seuls. Il faut se poser des questions, mais je crois qu'on va continuer d’exister », glisse Alain Beuret. La cause climatique n’est cependant pas perdue sur le plan politique : Pauline Godat concède que les Vert-e-s n’en ont pas le monopole et que cette sensibilité reste soutenue par ses alliés de la gauche, PS et CS-POP. /jpi


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