Si les neuf candidats à l’élection cantonale ont fort à faire jusqu’au 9 novembre, les administrations communales aussi doivent se battre contre le temps. Le matériel de vote doit parvenir à tous les votants le 3 novembre afin de pouvoir exprimer leur choix le dimanche suivant.
C’est une course contre-la-montre qui s’engage pour le second tour de l’élection cantonale. Après le dépôt des listes mercredi, la Chancellerie cantonale puis les administrations communales doivent faire en sorte que tous les citoyens reçoivent leur matériel de vote pour le lundi 3 novembre afin de voter le dimanche suivant. Et la tâche se complexifie lorsque les citoyens vivent en dehors des frontières, puisque les Suisses de l’étranger ont le droit de vote, mais le délai devient quasi impossible à tenir.
Environ 20% des électeurs
L’administration communale de Basse-Vendline connaît bien cette problématique, puisque 20% des électeurs de la commune vivent à l’étranger, soit 148 personnes, et même parfois bien loin, comme aux États-Unis, en Australie, au Mozambique, ou encore au Japon. Une particularité qui n’est pas propre aux anciennes communes de Bonfol et Beurnevésin. La chancellerie cantonale nous a précisé que 3'444 électeurs jurassiens vivent à l’étranger, ce qui représente environ 5% des votants.
Un changement de loi
À Basse-Vendline, ce chiffre a triplé en l’espace d’une vingtaine d’années. Entretemps, la législation fédérale a changé. Auparavant, le Suisse de l’étranger devait manifester expressément, tous les quatre ans, son envie de participer à la vie politique afin de renouveler son droit de vote. La procédure est désormais nettement moins contraignante, l’inscription au registre des électeurs étant valable durant toute la durée du séjour à l’étranger sans besoin d’être renouvelée. Les électeurs de l’étranger doivent cependant « toujours s’annoncer pour dire s’ils préfèrent voter dans leur commune d’origine ou dans la dernière commune dans laquelle ils ont résidé », précisent les services de l’État. Faut-il encore que les courriers arrivent à temps. John Moser, maire de Basse-Vendline, précise que « c’est la première chose que fait l’administration communale pour garantir que ces gens reçoivent le matériel dans le délai imparti ». Dans le cas du citoyen de Bonfol qui habite au Japon, le maire imagine mal comment les documents de vote, qui ne sont pas encore arrivés dans les communes, parviennent au votant et reviennent à temps pour être glissés dans l’urne. John Moser donne un exemple lors du premier tour des élections cantonales. Un bulletin de vote est parvenu par la poste depuis les pays nordiques le lendemain du dépouillement.
Une ardoise qui grimpe
L’envoi de ces courriers a aussi un coût. L’administration communale de Basse-Vendline relève que les frais de port pour faire parvenir la propagande et le matériel de vote aux Suisses de l’étranger pour les élections du 19 octobre s’élèvent à 1'928 francs. Et cette dépense doit être renouvelée lors de chaque scrutin, environ 700 francs pour une votation fédérale, en fonction du poids du courrier.
Une vingtaine de votants
La commune estime qu’un peu plus d’une vingtaine de Suisses de l’étranger votent en général. Le chancelier du canton du Jura Jean-Baptiste Maître précise que le droit de vote au niveau fédéral est régi par la Confédération mais concernant les droits politiques pour les scrutins cantonaux, c’est aux autorités cantonales de légiférer. Il indique que plusieurs cantons alémaniques n’accordent pas ce droit de vote aux Suisses de l’étranger. /ncp













