Malgré les appels de la droite pour une majorité de centre-droite au Gouvernement, aucune formation n’a osé appeler à voter UDC au second tour, faisant échouer Fred-Henri Schnegg pour 275 voix.
« C’est regrettable que d’autres partis n’osent pas dire une fois : votez UDC. » Ces mots de John Moser, vice-président de l’UDC Jura, illustrent le plafond de verre auquel s’est heurté, ce dimanche, le parti agrarien qui rêvait de faire une entrée historique au Gouvernement jurassien. Alors que les planètes semblaient alignées au soir du premier tour avec des voix éparpillées entre les candidats centristes et l’indépendant Martial Courtet, un candidat PLR seulement 12e qui n’avait plus grand-chose à espérer, Fred-Henri Schnegg a finalement échoué à la 6e place à seulement 275 voix du dernier élu Jean-Paul Lachat.
John Moser : « Regrettable que d’autres partis n’osent pas une fois dire : l’UDC a sa place au Gouvernement. »
« Que ce soit au Centre, au PLR ou à l’UDC, tout le monde disait d’une seule voix vouloir une majorité de centre-droite au Gouvernement. Mais je n’ai jamais entendu Le Centre dire qu’il souhaitait soutenir l’UDC. On a encore entendu leur président dire dernièrement : deux socialistes, deux du Centre, et le dernier on verra », regrettait John Moser. Le parti agrarien n'a pu, en effet, compter que sur lui-même durant l'entre-deux-tour, aucune autre formation de droite n'ayant explicitement appelé à voter pour le candidat UDC, pas même les libéraux-radicaux.
PLR et UDC se rejettent la balle
« Le PLR doit faire l’analyse de la situation. Ils voulaient un Gouvernement de centre-droite ? Et bien ce ne sera pas le cas. C’est à eux de réfléchir à ce qu’ils ont fait », lançait dimanche soir un Fred-Henri Schnegg déçu d’avoir vu le PLR maintenir son candidat Martin Braichet au second tour. « Les candidats qui ne sont pas passés devront faire l’analyse de leur second tour, mais ce n’est pas de notre faute », a rétorqué Martin Braichet qui avait réaffirmé dans l’entre-deux-tours que ses valeurs n’étaient « pas celles de l’UDC ». Malgré sa nouvelle position de « troisième force politique du Parlement », la formation agrarienne reste dans le Jura le parti que personne d'autre n'ose promouvoir.
« Ça ne suffit pas encore pour que les partis osent appeler à voter UDC »
Une étiquette tenace de mouton noir de la politique jurassienne ? « Il y a probablement un peu de ça. C’est vrai qu’il y a plein de choses qu’on ose dire et que d’autres n’osent pas », reconnaît John Moser qui constate qu’il manque encore quelque chose pour briser la glace. « On voit quand même que les deux derniers candidats sont loin derrière, que l’UDC a fait son travail. On sait aussi que des gens du Centre et du PLR nous ont massivement soutenus. Mais ça ne suffit pas encore pour que les partis osent appeler à voter UDC ». /jpi













