Réuni ce jeudi soir, le Conseil communal de Fahy a pris acte de la démission de Stéphane-Joël Rovelli élu le 30 novembre dernier. Une volte-face « qui fait causer » dans le village tandis que le climat n’est guère engageant pour les éventuels futurs candidats.
Le Conseil communal de Fahy, qui s’est réuni ce jeudi soir, a approuvé la démission de son maire fraîchement élu le 30 novembre dernier. Stéphane-Joël Rovelli avait annoncé jeter l’éponge en début de semaine, neuf jours seulement après son élection, invoquant « des remarques graves » et un « manque de respect et de dignité » à son encontre depuis son élection. Comme l’exigent les règlements, l’exécutif va lui transmettre un courrier lui demandant d’exposer les motifs qui l’ont poussé à démissionner, auquel Stéphane-Joël Rovelli devra répondre, l’acceptation « officielle » du Conseil communal n’intervenant qu’après cela.
« Clans, luttes intestines et tout le ch’ni »
Un nouveau scrutin devra donc être organisé, possiblement en mars puisqu’un délai minimum de 10 semaines doit s’écouler entre l’annonce au journal officiel et la tenue du scrutin. Reste que cette démission prématurée après une élection déjà marquée par un grand nombre de bulletins blancs a jeté un climat étrange dans le village. « Ça fait causer », nous assure-t-on dans le magasin du village. « Y’a de quoi dire », nous lance la postière depuis sa camionnette avant de s’éclipser. Mais à la vue de notre micro, les citoyens de Fahy croisés dans la rue refusent poliment de s’exprimer. Comme cette habitante qui nous confie n’avoir « pas grand-chose à voir avec les clans, les luttes intestines et tout le ch’ni dans le village ». Si besoin en est, voilà qui pose le décor.
Reportage
Mais comment en est-on arrivé là ? Cet ancien membre de l’exécutif communal, que nous croisons dans la rue, met ça sur le dos d’une mauvaise campagne d’information du conseil communal, les citoyens ayant découvert les deux candidats sur le tard à la clôture du dépôt des listes, ce que confirme le président des assemblées Jean-Philippe Aeschbacher.
De surprise en surprise
« Il n’y a pas eu de distribution de tout ménage, ce qui semble être un oubli de la commune. Il y a bien eu une parution dans le Journal officiel que tout le monde ne lit pas. Les gens ont été surpris par ces deux noms, ils ne s’y attendaient pas parce que la commune n’a pas su informer la population à temps ». Puis, dans ce contexte déjà tendu, la démission prématurée de Stéphane-Joël Rovelli a interloqué les habitants de Fahy. « Les gens n’ont pas bien compris cette volte-face. Tout le monde se demande pourquoi il s’est présenté si c’est pour démissionner si tôt », relève Jean-Philippe Aeschbacher qui reconnaît que le climat n’est pas des plus emballants pour les éventuels futurs candidats.
Jean-Philippe Aeschbacher : « Le dégât d'image est bien présent, en Ajoie comme en Romandie ! »
« En sondant la population, personne ne veut y aller franchement. Si on trouve quelqu’un, il risque d’y aller à reculons », souffle le président des assemblées. Le candidat battu, Lionel Theubet, a déjà informé qu’il ne se représenterait pas. « On espère qu’ils vont trouver une solution », nous lance ce commerçant alors que Fahy fait les gros titres et s’est même affiché au journal télévisé. Tout le monde espère que les fêtes de fin d’année feront retomber le soufflé... histoire de ramener un peu de sérénité avant la nouvelle élection. /jpi









