Il était une fois… la Constituante jurassienne : René Girardin (1/5)

Le socialiste René Girardin a été l’un des 50 élus à siéger à l’Assemblée constituante jurassienne ...
Il était une fois… la Constituante jurassienne : René Girardin (1/5)

Le socialiste René Girardin a été l’un des 50 élus à siéger à l’Assemblée constituante jurassienne qui a entamé ses travaux il y a 50 ans et a même fait partie du Bureau du cénacle.

René Girardin avait été élu dans le district des Franches-Montagnes sous la
bannière du Parti socialiste. René Girardin avait été élu dans le district des Franches-Montagnes sous la bannière du Parti socialiste.

Le Jura vivait un moment solennel il y a 50 ans. Le 12 avril 1976, l’Assemblée constituante jurassienne tenait sa séance inaugurale en l’église St-Marcel à Delémont. Le cénacle chargé de rédiger la Constitution de la République et Canton du Jura regroupait 50 députés désignés lors du scrutin du 21 mars 1976. René Girardin avait été élu dans le district des Franches-Montagnes sous la bannière du Parti socialiste. Il avait même été désigné pour siéger au Bureau de la Constituante aux côtés de ténors de la politique comme Roland Béguelin, François Lachat ou encore Roger Jardin. « Ça a été une chance incroyable. Être avec toutes ces personnalités aguerries, c’était impressionnant », se rappelle René Girardin. Le Franc-Montagnard souligne également que le Bureau de la Constituante n’avait pas de réelles logistiques à ses débuts. « C’était assez fou, on allait créer un canton du Jura et on n’avait pas de secrétaire, on n’avait pas de machines, on n’avait rien », indique René Girardin. Le socialiste relève aussi le rôle important de Roland Béguelin, le secrétaire général du Rassemblement jurassien (RJ), au sein du Bureau de la Constituante. « Il était l’âme du RJ et, si on devait un petit peu dévier de l’orientation qu’il désirait, il intervenait », se remémore René Girardin. Quant à la séance inaugurale de la Constituante, le Franc-Montagnard affirme l’avoir vécue « de façon très impressionnante », même si un de ses voisins de banc à l’église St-Marcel - ordre alphabétique oblige - n’était autre que… Paul Gehler, un élu UDC farouchement antiséparatiste. « C’était relativement froid avec lui mais mes autres voisins étaient charmants », s’amuse le socialiste de Saignelégier.

René Girardin : « C’était quand même un peu ubuesque de créer un canton dans ces conditions. »

L’Assemblée constituante jurassienne comptait 19 représentants du PDC, 11 du PLR, 10 du PS, 7 du PCSI, 2 de l’UDC et 1 du PRR, le Parti radical réformiste. À l’exception des députés libéraux-radicaux et de l’UDC, presque tous les députés étaient membres du Rassemblement jurassien. Le RJ a pesé de tout son poids dans les travaux de la Constituante. « Nous étions tous soudés, même si nous n’avions pas tous politiquement les mêmes idées », indique René Girardin qui précise que « les partis étaient moins importants et ont pris plus d’importance après dans les Parlements successifs ». Le Franc-Montagnard reconnaît que les libéraux-radicaux ont toutefois « joué le jeu », au point que la Constitution a été acceptée à l’unanimité des membres de l’assemblée. Le texte fondamental de la République et Canton du Jura se voulait progressiste et comprenait de nouveaux droits sociaux, la création d’un Bureau de la condition féminine ou encore la coopération avec d’autres peuples. « Il fallait trouver des consensus et je pense que nous avons obtenu beaucoup de choses au niveau social. Être plus gourmand, ça aurait été moins agréable pour tout le monde », estime René Girardin.

René Girardin : « C’était l’idée jurassienne qui était supérieure à toute autre idée. »

La Constitution de la République et Canton du Jura a été acceptée, en votation à 82,5% le 20 mars 1977, avec une participation de 79,7%. La Constituante a tenu son ultime séance le 6 décembre 1978. /fco

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