Au moins 25 entreprises de la région sont directement concernées par la votation du 29 novembre. L’issue du vote mènera selon elles soit à la croissance, soit au risque de délocalisation.
Au moins 25 entreprises jurassiennes pourraient profiter d’un assouplissement de la loi sur le matériel de guerre, objet soumis en votation le 29 novembre. Dans le contexte d’une Europe qui se réarme, la modification de la loi autoriserait l’exportation de matériel de guerre à 36 États partenaires, même impliqués dans un conflit armé, à condition qu’elle soit compatible avec la neutralité et les intérêts de politique étrangère ou de sécurité de la Suisse. Un virage que des entreprises ne voudraient pas rater. « Cela représenterait des investissements, le développement de nos activités sur la Suisse et l’Europe avec la création d’emplois », avance Guillaume Grédy, directeur de Rami Swiss à Courtételle, PME spécialisée dans la fabrication de cartes électroniques, notamment pour des applications militaires.
Le virage que les entreprises ne veulent pas rater
Chez PréciDip à Delémont, qui a doublé son chiffre d’affaires depuis 2022, on mise aussi sur les applications militaires pour la croissance. « On prévoit de doubler notre chiffre d’affaires d’ici 2032. Sans l’assouplissement de la loi ? Il faudrait peut-être alors construire un atelier dans un pays européen pour rassurer nos clients », prévient son directeur Raymond Kerrisson, pointant le risque de délocalisation d’activités à l’étranger pour échapper au maintien de l’interdiction d’exportation.
Rester technologiquement à la page
« Les technologies liées à la défense dans la région viennent souvent de la microtechnique, mécanique, électronique. Ça bénéficie aussi à d’autres industries comme le médical, l’horlogerie, l’aérospatial ou l’aviation. La défense est un domaine de pointe, c’est la possibilité pour nous de faire de la recherche et développement, mais aussi d’industrialiser dans le Jura et pas à l’étranger », argumente le président de la CCIJ, Olivier Haegeli. Et l’éthique dans tout cela ?
Olivier Haegeli : « On a des considérations éthiques. »
« L’industrie de la défense, ce n’est pas le Far West, c’est extrêmement contrôlé par la Confédération. Il arrive de refuser des contrats parce que les échos du Service des renseignements ne sont pas bons », défend Olivier Haegeli. Avec l’abandon de la déclaration de non-réexportation, les référendaires, eux, craignent de voir des applications suisses atterrir aux mains de régimes injustes, voire d’organisations terroristes. /jpi









