Le Contrôle fédéral des finances étrille la gestion du parc immobilier de l’armée, évalué à 28,4 milliards de francs. L’autorité dénonce un manque de pilotage alors que les infrastructures militaires doivent faire l'objet d'une expansion massive.
Fin 2025, ce portefeuille totalisait environ 21'600 objets, dont 6'070 bâtiments représentant une valeur à neuf de 28,4 milliards de francs. Alors que le parc de base devait être ramené à 20 milliards de francs, la dégradation de la situation géopolitique a provoqué une volte-face en 2022 : le Conseil immobilier du DDPS vise désormais un plafond d'expansion pouvant atteindre 30 milliards.
Mais selon le Contrôle fédéral des finances (CDF), la planification peine à avancer et il existe des risques de mauvais investissements. Ce virage stratégique vers un agrandissement de 6 milliards s'opère sans vision claire, faute d'objectifs actualisés sur les besoins réels des troupes. À ce flou s'ajoute une facture différée de 2 à 3 milliards de francs pour les rénovations en souffrance.
Dans son audit publié lundi, le CDF fustige aussi des outils de contrôle défaillants. Gérés sur de simples fichiers Excel, ils comportent de lourdes erreurs, dont 250 millions de francs oubliés dans l'entretien cumulé. Le CDF pointe enfin des querelles internes récurrentes. Le Département de la défense a accepté les recommandations.
/ATS








