C’est l’année des montagnes russes pour Alain Jufer. Le cavalier jurassien a vécu un printemps difficile durant lequel il s’est cassé le pied. Son automne est, en revanche, radieux avec des performances de choix sur la scène mondiale. Du haut de ses 47 ans, l’athlète de Glovelier établi aujourd’hui en région zurichoise est une preuve supplémentaire que tout peut aller très vite dans le sport.
Après une pause de trois mois, Alain Jufer a retrouvé la compétition cet été avec son fidèle Dante MM. Il a terminé au 10e rang des Championnats de Suisse élites peu après son retour sur selle avant de monter véritablement en puissance. En ce début de mois de novembre, Alain Jufer a crevé l’écran. Il a terminé au 2e rang du Grand Prix de Vérone, puis au 8e de celui de Stuttgart, deux manches qui comptent pour la Coupe du monde de saut d’obstacles. Après quatre épreuves sur 13, le Jurassien est 2e du classement général et en course plus que jamais pour se qualifier pour les finales qui auront lieu en avril au Texas (ndlr : les 40 meilleurs cavaliers seront qualifiés).
La relance après la blessure
Alain Jufer a signé dans le nord de l’Italie la meilleure performance de sa carrière, quelques mois seulement après sa blessure au pied et le repos forcé qui en a découlé. Ce coup dur a été un déclic, selon lui : « C’est là qu’on voit la chance qu’on a quand on est en bonne santé. (…) C’est un point négatif pour avoir de la positivité, pour tout recommencer à zéro et être très, très motivé », souligne-t-il, prenant aussi l’exemple de Steve Guerdat qui était revenu fort après sa blessure. Si le Jurassien lutte actuellement dans le haut du panier mondial, il le doit aussi à sa monture Dante MM : « Le cheval est au meilleur de sa forme. (…) Il a pris de la force, il a pris de la confiance », analyse l’habitant d’Herrliberg.
Alain Jufer : « Mon rêve, c’est de pouvoir faire une finale au moins une fois dans ma carrière. »
Le dilemme actuel
Alain Jufer a accumulé de précieux points dans la perspective d’une participation à la finale de la Coupe du monde en avril prochain, au Texas. Et à 47 ans, c’est son grand objectif : « Mon rêve, je ne vais pas le cacher, c’est de pouvoir faire au moins une finale », dit-il, en parlant de cette échéance comme d’un « rêve de gosse ». Pour assurer son ticket pour les Etats-Unis, le Jurassien doit encore tenter d’engranger des points. Cela pourrait passer par La Corogne début décembre alors qu’Alain Jufer manquera les deux échéances suivantes, car il doit subir une intervention liée à sa blessure au pied. Sa rentrée est prévue à Bâle début janvier. Or, entre-temps, il y a le grand rendez-vous hippique de fin d’année, le Grand Chelem de Genève (10-14 décembre) qui, aussi prestigieux soit-il, ne donne pas de points pour la Coupe du monde. « J’adore le concours de Genève (…). Mais il y a ce challenge pour essayer de se qualifier pour la finale de la Coupe du monde », résume le Tripet qui souhaite préserver son cheval : « Dans mon écurie, je n’ai pas un deuxième « Dante ». Je suis en train de travailler avec des jeunes pour parvenir à l’épauler », ajoute-t-il en concluant, au regard de sa situation actuelle, « je suis un peu entre le marteau et l’enclume ». /mle









