Le festival delémontain de la bande dessinée a officialisé ce jeudi sa nouvelle équipe dirigeante avec Célien Milani qui reprend la direction artistique, épaulé par l’ex-directeur historique Philippe Duvanel et Gaëlle Frossard. Leur mission : sauver l’édition 2026.
Chamboulé par des démissions en cascade, une nouvelle équipe de direction de Delémont’BD s’est montée à la hâte pour sauver l’édition 2026, censée se tenir du 19 au 21 juin prochain. Célien Milani épaulé par l’ex-directeur et fondateur Philippe Duvanel ainsi que Gaëlle Frossard ont repris les rênes de l’organisation au pied levé.
Une course contre la montre pour monter la prochaine édition en juin
Car depuis novembre dernier, les défections se sont enchaînées : le directeur artistique Cédric Humair a démissionné récemment, tout comme ses deux principales collaboratrices et la présidente du comité d’organisation Jessy Gigandet. Le conseil de fondation a néanmoins décidé de maintenir l’édition 2026 en juin prochain pour éviter une année blanche.
Cédric Humair confirme une « fatigue chronique »
Mais monter un festival en 5 mois, le directeur artistique démissionnaire Cédric Humair avoue qu’il n’y croyait pas. « Une fatigue chronique est dénoncée depuis plusieurs années par l’équipe de salariés. Delémont’BD a pris beaucoup d’ampleur, mais avec le même personnel. Il fallait réfléchir à une restructuration du festival et je pensais que ce n’était pas réaliste de mettre sur pied une édition 2026 en incluant tous ces changements », reconnaît Cédric Humair.
Cédric Humair : Certaines décisions politiques ont été « un coup de massue ».
Il confirme aussi que la coupe dans les subventions à trois semaines du festival l’an dernier et le postulat accepté récemment en Conseil de Ville pour que la manifestation ne se tienne que tous les 2 ans ont pesé dans le découragement ambiant.
« On ne veut pas faire une édition au rabais »
Ce qui n’a pas empêché une nouvelle équipe de se monter à la hâte, des ex-membres du comité de Delémont’BD qui ne voulaient pas laisser tomber la manifestation. À leur tête, Célien Milani, catapulté directeur artistique pour monter un festival en urgence. « On ne veut pas faire une édition au rabais, mais on devra faire quelques adaptations. On aura quelque chose de peut-être plus efficace, mais tout aussi beau et fait avec le cœur. Ce qui est important, c’est avant tout de rassembler le public autour d’un évènement culturel », confie Célien Milani qui devra composer avec une incertitude financière. La Ville de Delémont et le canton ont renouvelé leurs subventions, environ 40% d’un budget classique, mais subsiste un point d’interrogation pour les partenaires privés.
Célien Milani sur l'avenir : « Notre but, c'est que ce festival perdure. »
« Simplifier et se montrer créatif »
L’équipe pourra néanmoins s’appuyer sur l’expérience précieuse de Philippe Duvanel, ex-directeur historique de retour en pompier de service. « J’avais de la peine à imaginer cette ville sans ce festival. Ça va être chaud, car la première édition du festival on l’a créée en 7 mois et on n’avait rien. Là on a peu, mais ça va être compliqué, mais on y croit ! Il faudra simplifier et se montrer extrêmement créatif, ce qui est une bonne contrainte », sourit Philippe Duvanel. La nouvelle équipe a déjà déniché son « Grand Trissou », soit l’invité d’honneur, de la 12e édition qui aura lieu du 19 au 21 juin prochain, il sera dévoilé courant février. L’avenir à plus long terme, « c’est encore un peu tôt pour y penser » selon les responsables intérimaires qui veulent d’abord sauver l’édition 2026. Mais un souhait clair et commun émerge : éviter par la suite que Delémont BD ne disparaisse. /jpi









