La presse romande roule prévôtoise

L’annulation du vote du 18 juin 2017 par la préfecture du Jura bernois fait réagir dans la ...
La presse romande roule prévôtoise

L’annulation du vote du 18 juin 2017 par la préfecture du Jura bernois fait réagir dans la presse mardi. Tour d’horizon

Gâchis, gâchis, gâchis. C’est le terme qui revient dans les journaux mardi matin au sujet de la décision de la préfète Stéphanie Niederhauser qui a accepté les recours sur le vote communaliste de Moutier. Tout ça pour ça, lit-on entre les lignes. 

« La griffe de la préfète » fait la Une caricaturée du Quotidien jurassien. Avec Stéphanie Niederhauser en marionnette manipulée par un ours. Briquet à la main, elle allume la mèche d’un baril de poudre estampillé « Question jurassienne ». À ses pieds, des dossiers de recours qui ont pris la poussière et les toiles d’araignées.

Dans son éditorial, le QJ fait part, comme la plupart des journalistes de la presse écrite mardi matin, de son incompréhension face à l’annulation du scrutin le plus surveillé en Suisse. Il trouve que « ce qui est reproché aux vainqueurs du 18 juin est bien léger par rapport au coup des caisses noires bernoises ». Rémy Chételat rappelle que rien n’est perdu mais que « cette défaite d’étape est une déception, une humiliation pour de nombreux militants ». « Moutier rejoindra tôt ou tard le canton du Jura. Les pro-bernois ont perdu et cherchent à pourrir le jeu », clame le QJ

De l’autre bord, Le Journal du Jura parle aussi d’un immense gâchis mais remonte à 1975 dans son éditorial. Il voit les prémisses de ce désordre à la votation qui avait vu le Jura bernois dans son ensemble dire non au Jura. Pierre-Alain Brenzikofer estime que le verdict préfectoral repose sur « de solides dysfonctionnements ». Même s’il compare enfin la décision à un vote annulé à Peseux parce que des quidams avaient placé une table de ping-pong avec des flyers devant le bureau de vote. 

En première page du Temps, Chappatte signe le dessin d’un indien jurassien qui vient de déterrer la hache de guerre. Une hache en forme de crosse.

Le quotidien romand ne voit d’ailleurs qu’une solution : « Revoter et vite ». Yan Pauchard dans son éditorial rappelle que le vote du 18 juin devait « apposer un point final à la question jurassienne et qu’il n’a fait que la relancer, rouvrir des plaies qu’on pensait refermées ». Le journal romand craint une paralysie des dossiers cruciaux pour l’avenir de la commune, comme l’hôpital. Et la procédure judiciaire va être longue. Il faut donc repasser sans attendre par un nouveau scrutin « à l’issue duquel chaque partie sera convaincue de la légitimité du résultat ».

Le Temps accorde encore une grande interview au dernier président de l’Assemblée interjurassienne, Dick Marty. L’ancien procureur tessinois se dit « navré » et « estime que la lenteur de la décision fait tomber en miettes tout le climat de sérénité construit avant le vote ». Pour lui, « si ce vote est annulé, bien d’autres scrutins fédéraux devraient aussi passer à la trappe ».

Dans 24h et La Tribune de Genève, « tout le monde a perdu avec cette décision ». Et c’est le cri du cœur de l’Hôpital du Jura bernois qui retentit : « Maintenant ça suffit, qu’on nous laisse travailler ». Les séparatistes sont bien sûr les grands perdants, selon le journal, mais Berne devra se traîner « ce boulet identitaire et institutionnel qu’est Moutier ». Les journaux vaudois et genevois relèvent le constat d’échec de la confédération qui aurait peut-être dû « gérer tout le processus plutôt que de le laisser aux autorités communales et cantonales ». Question de légitimité.

Pour conclure, toujours dans 24h et La Tribune de Genève, Sébastien Jubin affirme que « la chaudière est, cette fois-ci, bel et bien rallumée » à Moutier et que la préfète a « remis le feu aux poudres ». /lbe

Pour RFJ, la décision d’invalider le vote du 18 juin 2018 a également inspiré un commentaire à Raphaël Chalverat :


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus