Le coordinateur du collectif citoyen « Pour une véritable Assurance Santé » souhaite que les lignes bougent enfin face au système de santé actuel. Une nouvelle hausse des primes est attendue pour 2025.
Le collectif citoyen « Pour une véritable Assurance Santé » remet la compresse. Créé il y a bientôt une année, ce mouvement apolitique jurassien organise ce mardi soir à Delémont une conférence avec la présence de trois épidémiologistes de renom venues de Lausanne, à savoir Stéfanie Monod, Valérie D’Acremont et Brigitte Rorive (19h30 au campus Strate J, entrée libre et collecte). L’objectif est notamment d’évoquer des pistes pour réformer un système de santé actuellement qualifié de malade. Cette conférence se déroulera à deux jours de l’annonce des primes 2025, qui vont une nouvelle fois s’afficher à la hausse. Une moyenne nationale de 7% est évoquée.
Fort de 40 membres à ses débuts, le collectif citoyen en compte aujourd’hui plus de 70. « Il faut absolument que les assurés entrent en matière sur les propositions qui devront être faites pour réformer le système de santé d’une part et son financement d’autre part. La conférence de ce mardi est un premier pas », explique le coordinateur Denis Cattin. Le collectif avait déjà remis une pétition au Gouvernement et au Parlement jurassiens en juin dernier. « Le texte demandait justement l’instauration d’un débat citoyen et une réflexion sur la création d’une assurance santé publique et si possible unique. Nous attendons toujours des réponses des autorités cantonales », poursuit Denis Cattin.
« Utiliser cette arme qu’est l’argent »
Pour le collectif citoyen « Pour une véritable Assurance Santé », le disque est enrayé depuis des années : les primes maladie grimpent toujours sans que des solutions efficaces ne soient trouvées pour enrayer la hausse. Denis Cattin imagine à ce stade une opération coup de poing : « Il y a une marchandisation de la santé. C’est l’argent qui dirige les choses. On peut donc imaginer prendre cette arme qu’est l’argent pour montrer que les citoyens n’en peuvent plus, par exemple en gelant les primes. On pourrait payer en 2025 le montant des primes de 2024 pour signifier qu’on n’accepte pas l’augmentation. On pourrait même aller plus loin en disant qu’on fait un gel total des primes pendant six mois. Ça ferait peut-être bouger les choses beaucoup plus vite que des discours politiques. »
Denis Cattin : « On peut appeler cela de la désobéissance citoyenne. »
Le collectif citoyen « Pour une véritable Assurance Santé » entend poursuivre son développement en œuvrant notamment à la création de mouvements similaires dans d’autres cantons romands, avec la perspective de se fédérer. « Nous pourrions ainsi faire pression à Berne pour une assurance santé intercantonale, voire romande. A l’échelle nationale, on n’est pas naïf : si on crée une initiative fédérale pour une assurance publique ou unique, la Suisse alémanique ne va certainement pas l’accepter. En fixant la priorité sur la Suisse romande, nous avons des chances de passer », conclut Denis Cattin. /rch









