La lutte s’organise après la flambée de cas de myopathie atypique équine. Lundi, un groupe d’éleveurs alertait le monde agricole que cette maladie musculaire pouvait faire des ravages dans les élevages de chevaux. Provoquée par une toxine contenue dans le fruit de l’érable sycomore, cette intoxication a causé la mort de 32 équidés ces derniers jours dans le Jura et le Jura bernois, selon un dernier bilan établi par Mario Gandolfo vendredi matin.
D’un point de vue politique, le créateur du groupe de mobilisation que plusieurs actions se mettent en place. Le premier levier actionné se situe au niveau cantonal. Une question écrite a été déposée mardi au Parlement jurassien par le centriste et directeur d’AgriJura. François Monin, qui est aussi le nouveau Président du Marché-Concours, interpelle le Gouvernement jurassien par rapport à la caisse des épizooties, qui indemnise les agriculteurs lors de maladies contagieuses. L’élu demande notamment dans quelle mesure il serait possible d’étendre ces prestations à d’autres cas.
Le Conseil national en ligne de mire
La deuxième piste veut porter la problématique au niveau fédéral. Un groupe d’experts du monde chevalin, nommé Equi-scope, tente de mobiliser un élu du Conseil national pour déposer une interpellation. Ici, l’objectif est de mieux réguler l’érable sycomore et interdire par exemple sa plantation aux abords de pâturages.
Une troisième action se met en place, c’est le recensement des cas, qui aujourd’hui se fait au bon vouloir des vétérinaires, ce qui tend à sous-estimer les risques, selon Marion Gandolfo. La plateforme Equinella, portée par les grandes cliniques vétérinaires de Berne et de Zurich, va coordonner prochainement un groupe d’alertes destiné aux éleveurs.
Le printemps prochain en question
Une autre problématique se dessine pour les éleveurs de la région. Ils ignorent si leurs chevaux pourront le printemps prochain regagner leurs pâturages. La toxine contenue dans le fruit de l’érable sycomore semble résister au gel. /ncp






