PS et CS-POP + Verts s'allient pour dénoncer la politique communale delémontaine

Le Parti ocialiste et CS-POP + Verts font front commun contre la politique de la ville de Delémont. Les représentants des deux groupes au Conseil de ville ont tenu ensemble une conférence de presse vendredi matin (de gauche à droite: Jean-Yves Gentil / PS, Emmanuel Martinoli / Les Verts, Sébastien Lapaire / PS, Marie-Claire Grimm / CS-POP). Ils ont déploré les méthodes de l’exécutif dans la gestion du patrimoine communal et du personnel.
 
 
Fin de la politique du logement social ?
 
Pour ce qui est des immeubles, la gauche reproche à la ville de vendre des biens sans se soucier des locataires à revenus modestes ou des associations d’utilité publique qui y résident. Le responsable du groupe CS-POP + Verts au Conseil de ville, Emmanuel Martinoli, a notamment livré un historique de la politique du logement social à Delémont, née il y a plus de 50 ans. Il a regretté que les ventes d’immeubles envisagées par l’exécutif marquent la fin de cette politique.
 
 
Avenir incertain pour les actuels locataires
 
La conseillère de ville Marie-Claire Grimm a pour sa part donné un aperçu de l’état de ces logements, qualifiés d’ "insalubres, défectueux et indécents" par le maire Pierre Kohler lors de la séance du législatif de novembre 2010. Selon elle, ces habitations sont en bon état. Les intervenants ont aussi déploré les conséquences que ces ventes pourraient avoir sur les locataires. Il serait difficile pour eux de retrouver des loyers aussi bon marché. Quant aux associations, elles bénéficient souvent gratuitement de ces espaces à titre de subvention communale. La gauche se demande si elles se verraient offrir le même montant en cas de changement de locaux.
Avant d’être effectives, ces ventes d’immeubles doivent être validées par le Conseil de ville.
 
Notez que la Puce Verte, une association actuellement hébergée dans un bâtiment que la commune projette de vendre, entend manifester son désaccord, lundi soir, devant l’Hôtel de Ville.
 
 
Gestion du personnel mise en cause
 
Parallèlement, les représentants de la gauche sont revenus sur la question de la gestion des employés communaux. Selon eux, le climat actuel est délétère au sein du personnel. En cause: des mesures d’économie sur le dos des employés, et des méthodes de communication jugées "cavalières". Certains d’entre eux ont récemment été avisés par téléphone de la baisse de leur temps de travail, pour éviter leur fonctionnarisation, obligatoire dès 25% de taux d’occupation. Des jardiniers ont par ailleurs été engagés dans une classe salariale inférieure à la classe habituelle pour ce niveau de compétences.
 
Deux interventions interpartis seront donc déposées lors de la prochaine séance du Conseil de ville, lundi soir: une interpellation intitulée "Gestion du personnel communal: du fair-play, s.v.p.!", et une motion portant le titre "Mettre sur pied (enfin) un véritable service du personnel".
 
 
Réaction de Pierre Kohler
 
Interrogé par notre rédaction, le maire Pierre Kohler estime qu’il n’y a pas de quoi polémiquer. Selon lui, si le taux d’occupation de certains employés a baissé, c’est pour qu’ils ne soient pas considérés comme des fonctionnaires, et que leurs postes ne doivent pas être officiellement mis au concours et ainsi automatiquement ouverts à d’autres postulations. Quant à des jardiniers engagés dans une classe salariale trop basse, le maire reconnaît qu’il y a eu une erreur, mais il explique que celle-ci a été rectifiée. Il estime par ailleurs que l'ambiance est très bonne au sein du personnel communal.
 
Au sujet de la vente d'immeubles, il indique qu'aucun ne sera vendu, parce qu'aucun acheteur ne s'est manifesté. Et si l'intention de s'en séparer était pourtant là, il ne faut pas y voir, selon lui, un signe que la commune fait peu de cas des personnes à revenus modestes qui y vivent. Pierre Kohler déclare qu'une condition aurait pu être fixée dans les ventes pour que ces personnes puissent rester dans les immeubles. /lbe 


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