Géothermie : les huit prévenus devant la justice n’étaient pas des émeutiers

Huit personnes ayant participé à une manifestation contre la géothermie en juillet 2023 comparaissaient ...
Géothermie : les huit prévenus devant la justice n’étaient pas des émeutiers

Huit personnes ayant participé à une manifestation contre la géothermie en juillet 2023 comparaissaient ce mercredi devant le juge pénal à Porrentruy. Elles ont été libérées de la prévention d’émeute, mais écopent de jours-amende avec sursis pour violation de domicile.

Les huit prévenus (accompagné d'un sympathisant, 3e depuis la droite) soulagés du jugement rendu ce mercredi. Les huit prévenus (accompagné d'un sympathisant, 3e depuis la droite) soulagés du jugement rendu ce mercredi.

La justice jurassienne a libéré ce matin huit prévenus de la prévention d’émeute dans le cadre d’une manifestation liée à la géothermie profonde à Haute-Sorne. Les faits remontent à juillet 2023 lorsque des manifestants déguisés ou masqués avaient déboulonné des barrières, avant que d’autres ne pénètrent sur le site appartenant à GeoEnergie Suisse pour y planter un arbre symbolique et chanter la Rauracienne. Les huit prévenus, âgés de la soixantaine jusqu’à plus de 80 ans pour la plupart, avaient été initialement condamnés par ordonnance pénale pour violation de domicile et émeute, identifiés via leur simple présence sur des photographies prises par la police et des médias le jour des faits.


Des grands-mères et grands-pères accusés d’émeute

« Regardez-moi, je suis une grand-mère de 77 ans, pas une émeutière », lâche Marie-Claire Grimm devant le juge. « Je crois que vous avez juste les mauvaises personnes devant vous », souffle un autre âgé de la septantaine. Tous ont nié la notion d’émeute, sans contester la « violation de domicile » par le fait d’être entré, sans effraction, sur le site initialement fermé et protégé. « C’était une situation très tranquille » confie un prévenu, corroboré par les témoignages des sept autres. « La seule excitée, c’était cette surveillante avec un spray qui courrait après une dame qui avait une canne », envoie Marie-Claire Grimm. L’agente de sécurité, par ailleurs accusée d’avoir réagi inutilement avec violence, dit avoir été victime d’insultes et de crachat, mais n’a pas déposé plainte. Le juge David Cuenat a conclu à la distinction entre deux groupes de manifestants : des « émeutiers », pour la plupart non identifiés, car déguisés ou masqués », et des manifestants pacifiques ayant pénétré sur le site après l’ouverture de brèches dans les barrières.


« Pas identifiés comme ayant participé à ces actes de violence »

« Les prévenus appartiennent au second groupe, rien ne permet d’établir qu’ils aient participé à ces actes de violence. Aucun policier ne les a identifiés comme ayant participé à ces actes. Les violences ne peuvent donc pas être imputées collectivement à l’ensemble du groupe et des personnes » présentes ce jour-là, a déclaré le juge.

Des prévenus soulagés par le jugement

Les peines initialement prononcées par voie d’ordonnance pénale (jusqu’à 70 jours-amendes à 120 francs, avec sursis, ainsi que des amendes additionnelles) ont ainsi été considérablement réduites. Les huit prévenus écopent de 20 jours-amendes avec sursis (le montant variant selon leur situation personnelle) pour violation de domicile. Le ministère public avait condamné 14 personnes par ordonnance pénale pour les mêmes faits, six n’ayant pas contesté leur condamnation. Le juge a cependant invoqué un article du code de procédure pénale afin d’acquitter également ces six personnes de la prévention d’émeute. /jpi


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