Le Jura et Moutier réagissent face à Berne

La réponse du berger jurassien à la bergère bernoise concernant Moutier. Le Gouvernement jurassien ...
Le Jura et Moutier réagissent face à Berne

Les deux parties contestent les affirmations du canton de Berne concernant notamment l'avenir des écoles à Moutier

L'avenir de Moutier provoque un ping-pong politique entre Berne et le Jura L'avenir de Moutier provoque un ping-pong politique entre Berne et le Jura

La réponse du berger jurassien à la bergère bernoise concernant Moutier. Le Gouvernement jurassien a tenu à réagir suite à la missive adressée récemment par son homologue bernois au Conseil municipal de Moutier. L’exécutif prévôtois avait sollicité des éclaircissements concernant certains points politiques liés notamment à la formation qui n’avaient pas été abordés dans les expertises sur les incidences d’un éventuel transfert de Moutier dans le canton du Jura. Le Gouvernement jurassien, par la voix du ministre de la Formation Martial Courtet, remet en cause les affirmations du Conseil-exécutif bernois dans sa lettre.

 

Le Jura met en doute les propos du canton de Berne

Le gouvernement bernois affirme tout d’abord qu’il n’existe « pas de structure d’école à journée continue dans le Jura », comme c’est le cas à Moutier. « C’est faux », indique Martial Courtet, qui précise « qu’un tel système est mis en place au collège Thurmann à Porrentruy et qu’il serait possible de le maintenir à Moutier, même à moindre coût pour les parents ». Concernant les enseignants de la cité prévôtoise, le ministre jurassien affirme « qu’aucun signal ne laisse entendre une éventuelle recapitalisation de leur caisse de pension », s’ils devenaient fonctionnaires jurassiens.

Du côté de la formation post-obligatoire, Martial Courtet reconnaît que des accords devraient être renégociés entre les deux cantons concernant le CEFF, le Centre de formation professionnel de la Berne francophone. Le ministre jurassien estime toutefois que « cela n’engendrerait aucune incertitude sur l’économie régionale ». Martial Courtet rappelle que « le Jura souhaite le maintien du CEFF à Moutier » et que « les autorités jurassiennes se sont déjà engagées à installer une division du CEJEF en terre prévôtoise, en cas d’opposition du canton de Berne ».

Quant aux classes de préparation professionnelle, une offre de ce type existe dans le Jura au sein du CEJEF pour les jeunes en rupture de projet professionnel, indique Martial Courtet, et pourrait ainsi être maintenue à Moutier. Concernant l’avenir de l’Ecole de maturité spécialisée, certes le Jura compte l’Ecole de culture générale mais le ministre jurassien souligne « qu’il vaudra la peine de réfléchir à la répartition des élèves entre Moutier et Delémont ».

Enfin, sur les bourses d’études, Martial Courtet admet que les montants sont supérieurs dans le Jura bernois mais il relève que « le Jura accorde plus de bourses, avec forcément des sommes plus petites ».

 

« Berne veut faire peur aux Prévôtois »

Le maire de Moutier, Marcel Winistoerfer, a lui aussi pris connaissance de la réponse du Conseil-exécutif. « Le canton de Berne essaie de faire peur, ne veut pas trop se mouiller, il hésite à montrer qu’il pourrait coopérer… Tout est possible, il faut seulement le vouloir, mais visiblement Berne ne veut pas ». Marcel Winistoerfer ne va pas jusqu’à parler de mauvaise foi, mais estime que le Conseil-exécutif ne « montre pas d’intérêt à trouver des solutions qui existent ». Il ajoute que les risques évoqués par le canton de Berne ne poseraient en réalité pas de problème, et que ce qui existe à Moutier pourrait être maintenu dans le canton du Jura.

 

« Nous voulons simplement exposer des faits et montrer les risques »

Le Directeur bernois de l’instruction publique dément toute volonté de faire peur, mais estime que les Prévôtois doivent être informés pour voter en connaissance de cause : « chaque décision comporte des risques et des chances. Dire que montrer les risques revient à faire peur à la population, et que tout ce qui est une chance est sûr, ce n’est pas tout à fait objectif. Il faut tenir compte des éléments factuels qui existent ». Bernhard Pulver ajoute qu’il n’est pas question pour le canton de Berne de faire pression sur les Prévôtois, mais simplement de mettre les informations sur la table. /ast


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus