Sur l’étang de la Gruère gelé, quelques patineurs, plus ou moins gracieux. Une silhouette tout de vert vêtue file, d’une rive à l’autre. Ses patins sont noircis par le temps, c’est une habituée du patin à glace en milieu naturel, c’est Marie-Claire : « Dès qu’il y a un peu de glace, je cours à l’étang pour venir patiner. »
Comme chaque hiver, elle a fouillé sa boite à outils avant de venir glisser sur la glace : avec son marteau et son burin, elle creuse un trou pour déterminer la profondeur de la glace et sa solidité. Elle a mesuré quinze centimètres en cette matinée de lundi.
Si Marie-Claire a pu patiner sans encombre, dans un cadre idyllique, cette activité n’est pas sans danger. La glace n’est pas forcément uniforme, elle est, à certains endroits, moins épaisse. Le patinage sur un étang gelé, c’est aux risques et périls de chacun : « Moi, je préfère que ce ne soit pas interdit. J’ai envie de pouvoir mesurer le danger, et décider si oui ou non, je peux faire ce qui me plaît », admet Marie-Claire.
Risques environnementaux
Cette pratique pourrait aussi avoir quelques influences néfastes sur l’environnement. « Les patineurs chaussent leurs patins et ils évoluent sur la berge. On suppose que les lames déstructurent le sol », explique Louis Roulet, collaborateur scientifique à l’Office de l’Environnement. « Ca peut être problématique sur certains sols tourbeux. C’est une question que l’on se pose à l’heure actuelle », ajoute-t-il. Et cette interrogation pourrait persister à l’avenir : « Le patinage fait partie des activités qui doivent être compatibles avec le statut de réserve naturelle, comme c’est le cas à l’étang de la Gruère. On n’exclut pas, à l'avenir, de creuser plus sérieusement la question de ces prétendues destructurations du sol. »
Pour l’heure, la pratique du patin à glace en milieu naturel est tolérée. Prudence tout de même : les températures seront plus douces à la fin de la semaine, et la glace de l’étang sera de moins en moins solide./cto









