PDC Jura : ce qu’ils en pensent

Le PDC Jura ne vit pas la meilleure période de son histoire. Trois anciens ministres du parti ...
PDC Jura : ce qu’ils en pensent

Les anciens ministres François Lachat, Jean-François Roth et Pierre Boillat – figures du parti – livrent leurs impressions sur la situation actuelle des démocrates-chrétiens jurassiens, toujours dans l’attente d’un nouveau président

PDC Jura Les anciens ministres PDC François Lachat, Jean-François Roth et Pierre Boillat (de gauche à droite) se livrent sur la situation de leur parti.

Le PDC Jura ne vit pas la meilleure période de son histoire. Des divisions et divergences de vues sont survenues l’hiver dernier lors de l’affaire Pauline Queloz, à l’occasion de l’élection à la présidence du Parlement jurassien. Du coup, des députés ont quitté le navire, siègent aujourd’hui en indépendants, et envisagent de créer une nouvelle aile du parti, les Démocrates Chrétiens Autonomes (DCA). D’autre part, le président André Burri – très discret durant la période de turbulences –  a jeté l’éponge. Son poste, occupé ad interim par Françoise Chaignat, restera vacant encore un moment, puisqu’aucune élection n’aura lieu lors du prochain congrès des démocrates-chrétiens jurassiens, le 23 mai. « Il est trop tôt », nous a-t-on dit. Le PDC Jura semble donc toujours naviguer en eaux troubles. Face à cette situation, nous avons demandé les impressions de trois figures du parti, les anciens ministres François Lachat, Pierre Boillat et Jean-François Roth.

 

La situation actuelle

François Lachat : « Elle est grave et affligeante ! Vous parlez à un affligé. Le PDC est aujourd’hui affaibli et ça affaiblit l’ensemble de la République. Oui, c’est grave ».

Pierre Boillat : « L’affaire Pauline Queloz a provoqué un affaiblissement du parti. On a constaté une certaine rupture. Mais il y a surtout eu un manque du côté du management du PDC, une absence de réaction de la présidence. Maintenant, je ne pense pas que le fossé soit large au point qu’il ne permette aucune discussion. Il faut se mettre autour d’une table et retrouver l’unité, en respectant les divergences d’opinions ».

Jean-François Roth : « J’observe à distance, mais je suis absolument navré par cette crise. Il y a un manque de leadership affligeant de la présidence du parti. Le PDC est le plus grand parti du Jura, avec deux ministres et deux élus fédéraux. On attend donc que sa direction soit plus ferme. La situation actuelle me touche. J’ai présidé le PDC durant sept ans et j’ai aussi connu des situations difficiles à gérer. Il faut savoir prendre des mesures. Ici, la situation a pourri, ce n’est pas bon ».

 

La possible création d’une nouvelle aile du parti (DCA)

François Lachat : « Cette nouvelle aile n’a pas de raison d’être. Ici, les ambitions personnelles font qu’on s’assied sur les valeurs. Les vexations ont fait fuir les dissidents. Mais quand on est vexé, on discute, on ne claque pas la porte ! Les dissidences sont le fait de gens déçus, dont l’ego a été massacré. Je pense malgré tout qu’une discussion franche peut faire que les affaires aillent à nouveau dans un sens convenable ».

Pierre Boillat : « Cette idée ne va pas arranger les affaires du PDC. Ceci dit, on connaît les personnes qui ont réagi suite à l’affaire Pauline Queloz, et leurs positions ambiguës par rapport au PDC. Mais nous avons déjà connu des dissidences par le passé. Elles ont fini par s’essouffler. Créer une nouvelle aile ne serait donc pas une bonne idée. Il faudra savoir passer l’éponge. Le PDC a des valeurs qui méritent d’être défendues ».

Jean-François Roth : « Je n’y crois absolument pas. Une dissidence, c’est toujours marginal. Si on se dit démocrate-chrétien, on travaille ensemble. Il n’y a donc pas de place pour un mouvement identique parallèle. En revanche, si on n’adhère plus aux idées, on change de parti ! J’ai donc des doutes sur l’avènement d’une nouvelle aile, car si on partage les mêmes valeurs démocrates-chrétiennes, on ne peut pas construire quelque chose de durable à côté. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est installer une médiation ».

 

Le poste de président(e) du PDC Jura

François Lachat : « Il faut une personne à poigne, qui sache donner et recevoir des coups de poing. On n’a pas besoin de mauviettes ! Cette personne doit avoir du courage, de la volonté et être prête à la bagarre. Elle devra être rassembleuse et ne pas avoir d’ambition ».

Pierre Boillat : « Le PDC Jura doit avoir à sa tête une personne représentative et charismatique, capable de diriger les affaires et parfois de mettre les points sur les « i ». Les ministres démocrates-chrétiens devront aussi se retrousser les manches pour appuyer la nouvelle direction du parti ».

Jean-François Roth : « Les dirigeants actuels doivent faire le point et déterminer un profil. Il faudra une forte personnalité, qui rassemble et qui soit un peu distante des choses. Il s’agira de remettre le moteur en marche. Il y a beaucoup de travail à faire. Le parti devra aussi réinstaller un dialogue avec la population ».

 

On ressent donc de la déception et de la colère des anciens ministres démocrates-chrétiens face à la situation du PDC Jura aujourd’hui. De l’espoir de jours meilleurs aussi, si le dialogue s’instaure et si une forte personnalité – au-dessus de la mêlée – émerge pour reprendre les choses en main. Reste à voir quand, puisque ce ne sera pas mercredi prochain. /rch


 

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