La procédure qui pourrait mener à l'abandon du projet à Haute-Sorne est toujours en cours. Opposants et partisans avancent leurs pions en ce début d'année mais l'exécutif jurassien ne dévoile aucune échéance
Quid du projet de géothermie profonde à Haute-Sorne ? Neuf mois après l’ouverture d’une procédure d'abandon du projet, rien n’a bougé en apparence du côté du Gouvernement jurassien. La procédure de révocation est toujours en cours. En ce début d’année, opposants et partisans du projet continuent pourtant de fourbir leurs armes.
Les deux camps avancent leurs pions
Citoyens Responsables Jura, groupe opposé à la géothermie profonde à Haute-Sorne, a dégainé le premier : non, l’Etat jurassien ne devra pas verser des millions de francs de dommages et intérêts au promoteur, en cas d’abandon du projet, écrit-il mardi. « Nous faisons confiance au Gouvernement jurassien mais il faut que ça bouge », déclaration de Jack Aubry, chef de fil du groupe. « C’est long mais on continuera le combat tant que le projet ne sera pas définitivement enterré », ajoute-t-il.
Le lendemain, c’est le promoteur qui est sorti du bois : Geo-Energie Suisse présente des avancées techniques réalisées dans le massif du Gothard. Il espère ainsi donner un « nouvel élan » au projet de Haute-Sorne. « Nous attendons la prochaine communication du Gouvernement jurassien. L’autorisation reste valable tant qu’elle n’est pas formellement retirée. Notre objectif n’est pas d’obtenir une indemnisation mais de réaliser le projet », affirmation d’Olivier Zingg, chef de projet chez Geo-Energie Suisse.
On s’impatiente aussi dans le camp politique : « Rien ne bouge. On sent bien que la situation est compliquée pour le Gouvernement. Le dossier est pourri », déclare Loïc Dobler, député PS de Haute-Sorne.
Regards tournés vers le Gouvernement
Pour le moment, il ne faut rien attendre de très concret de la part de l'exécutif jurassien. Le ministre en charge du dossier David Eray refuse de s’exprimer en raison de la procédure en cours. Le Service juridique du canton est sur le coup et a requis un appui extérieur pour certains aspects.
L’exécutif s’est tout de même activé depuis avril dernier : des discussions ont eu lieu avec le promoteur. « La grande complexité scientifique et technique, mais aussi juridique » et les aspects « politiques, économiques et sociétaux » expliquent la longueur de la procédure, selon Jacques Chapatte, porte-parole du Gouvernement.
L’exécutif pourra donc confirmer l’abandon de la géothermie profonde à Haute-Sorne ou poursuivre le projet avec d’éventuelles adaptations. Le moment de la décision n’est pas arrêté. /mmi









