Les comptes de Moutier bloqués dans le rouge

L'exercice 2021 se solde par un nouveau déficit de plus d'un million de francs. L'heure presse ...
Les comptes de Moutier bloqués dans le rouge

L'exercice 2021 se solde par un nouveau déficit de plus d'un million de francs. L'heure presse pour les autorités, qui sont tenues légalement de présenter un budget 2023 positif cet automne

Le déficit structurel de la ville de Moutier reste bloqué à un niveau beaucoup trop élevé. Des mesures importantes devront être prises. (Photo : KEYSTONE / Anthony Anex). Le déficit structurel de la ville de Moutier reste bloqué à un niveau beaucoup trop élevé. Des mesures importantes devront être prises. (Photo : KEYSTONE / Anthony Anex).

« On se répète, mais cette situation problématique à court terme ne pourra être inversée que par des mesures organisationnelles de fonds. » Le conseiller municipal en charge des finances, Marc Tobler, n'a pas tourné autour du pot jeudi matin lors de la présentation des comptes de la ville de Moutier. L'exercice 2021 se solde par un nouveau déficit de 1,025 million de francs. Le résultat est certes mieux que prévu grâce notamment aux rentrées fiscales, le budget ayant tablé sur un excédent de charges de 1,37 million. Mais le découvert au bilan continue à s'alourdir. A l'heure actuelle, la trésorerie prévôtoise est en négatif à hauteur de quasi 3 millions de francs. Et l'inquiétant réside dans le peu de marge de manœuvre dont bénéficie la commune pour améliorer la situation. « Elle est d’environ 30%. Des efforts ont déjà été fournis par nos services, mais il paraît clair que nous devons encore diminuer les charges tout en augmentant les recettes », concède le maire Marcel Winistoerfer.


Un vote pour augmenter les impôts

L'une des premières mesures proposées - et qui figure déjà dans la planification - est l'augmentation de la quotité d'impôts d'un dixième de point dès 2023. La proposition sera soumise au Conseil de ville cet automne puis fera l'objet d'une votation populaire au premier trimestre de l'an prochain. La mesure permettrait de récolter 650'000 à 700'000 francs supplémentaires par an, a détaillé jeudi le trésorier municipal Fabrice Zartemi. C'est bien, mais c'est toujours insuffisant. Et en cas de refus du peuple ? « Il faudra s’attaquer de manière encore plus forte aux prestations », répondent les autorités.

Les efforts d'économies devront dans tous les cas se poursuivre. Est particulièrement visée la Maison de l'enfance, qui regroupe la crèche et l'école à journée continue. Les coûts de la structure ont déjà diminué, mais ils représentent toujours près de 500'000 francs par année. Une réflexion de fond devra être menée, d'autant que le changement d'appartenance cantonale de Moutier va modifier la règlementation pour ce genre d'institution. Fabrice Zartemi y voit peut-être une opportunité de repartir d'une page blanche :

La Sécurité publique, la Prévoyance sociale, l’Economie publique ou encore les Finances et impôts ont tous présentés des améliorations l’an dernier. Les résultats se sont en revanche détériorés pour l’Enseignement et la formation ou encore la Santé. Au niveau de l’administration, des réflexions sont menées lors de chaque départ naturel, « mais les effets se feront ressentir plus tard », précise Marcel Winistoerfer. Dans tous les cas, le Conseil de ville aura bientôt à discuter de mesures encore plus drastiques et sans doute impopulaires. Entre volonté de maintenir les prestations chères à la population et la nécessité – voire l’obligation - de trancher dans le vif, les débats s’annoncent bouillants. C’est que la ville de Moutier a le couteau sous la gorge : suite au premier découvert au bilan du 31 décembre 2019, elle avait légalement trois ans pour présenter un budget dans les chiffres noirs aux instances cantonales. Le sablier sera écoulé cet automne. Les autorités auront ensuite jusqu’en 2027 pour reconstituer une fortune.

Une équation à plusieurs inconnues

Se pose encore la question du transfert de la ville dans le canton du Jura à l’horizon 2026. Marcel Winistoerfer espère que les comptes auront retrouvé une couleur plus agréable avant cette échéance. Quant aux conditions-cadres qui attendent Moutier dans son nouveau canton, les points d’interrogation restent nombreux. « Nous avons déjà eu de nombreuses séances avec les responsables jurassiens. Il est malheureusement très difficile de projeter certaines dépenses ou recettes, la péréquation financière par exemple, puisque l’arrivée de Moutier va avoir un impact sur le canton tout entier », explique Fabrice Zartemi. Dans l’attente, les autorités prévôtoises devront donc s’attaquer aux domaines et structures sur lesquels elles peuvent influer directement. Et le temps presse. /oza


 

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