Le site de BAT à Boncourt menacé de fermeture

British American Tobacco envisage de transférer la production du site boncourtois qui emploie ...
Le site de BAT à Boncourt menacé de fermeture

British American Tobacco envisage de transférer la production du site boncourtois qui emploie 220 collaborateurs dans une autre usine en Europe. La décision d’une fermeture totale ou partielle sera prise en décembre

Le site de BAT à Boncourt, vide ce jeudi après-midi, emploie 220 collaborateurs. Le site de BAT à Boncourt, vide ce jeudi après-midi, emploie 220 collaborateurs.

Phare économique de Boncourt, le site de British American Tobacco (BAT) est aujourd’hui menacé de fermeture. La direction a convoqué ce jeudi à 12h30 les quelque 220 employés de l’usine boncourtoise et les a informés qu’un transfert de la production dans une autre usine en Europe était envisagé, ce qui pourrait signifier dans le pire des scénarios l’arrêt total de BAT en Ajoie. À la suite de cette annonce, les salariés ont été libérés pour l’après-midi mais sont attendus dès demain sur le site.


Lancement d'une consultation avec les employés de Boncourt

Si aucune décision n’est encore prise officiellement, « BAT lancera une consultation avec ses employés de l'usine de Boncourt sur l'avenir de la production locale de cigarettes. Elle prendra en compte un certain nombre de facteurs, notamment les coûts de production et de logistique locaux, la capacité de production européenne et la baisse des ventes de cigarettes », précise un communiqué de l’entreprise. Cette phase de consultation s’étalera sur un mois et demi. Deux options principales sont étudiées, une fermeture partielle dans le meilleur des cas ou une fermeture complète de l’usine. Le but de cette phase étant de « s’assurer que nous avons considéré toutes les options », détaille le directeur général de BAT Switzerland Gilles Surdez.


« Une volonté de rationaliser »

Le directeur du site ajoulot explique cette décision par « une volonté de rationaliser » les coûts et évoque « la diminution continue de la consommation de cigarettes qui génère un excédent de capacité au niveau de la région Europe ».

Gilles Surdez :

« Un coup dur pour le canton »

« Ça ne s’annonce pas bien pour un maintien total de l’usine de Boncourt », souffle une source interne à l’entreprise. La décision définitive est attendue courant décembre. « Cette nouvelle est un coup dur pour le canton » et a suscité la surprise et la déception du Gouvernement jurassien au regard de l’importance historique de l’entreprise pour la région. L’Etat veillera à la défense des intérêts jurassiens et de ceux des employés, a réagi l’exécutif jurassien. « Nous allons garantir qu’un plan social exemplaire soit mis en place », a déclaré le ministre jurassien de l’économie Jacques Gerber dans le Journal de 18h. « Les mesures à disposition des cantons en général dans ce genre de procédures sont relativement limitées » a tempéré le ministre, tout en précisant ne pas avoir encore pu discuter avec l’entreprise.

Le Gouvernement n’a pas non plus caché les conséquences économiques de ce désengagement programmé de l’un des plus grands contribuables jurassiens. Elles représenteraient « plusieurs millions de francs de pertes » pour les collectivités publiques, a détaillé Jacques Gerber. L’impact se ferait également sentir sur la péréquation financière – et donc la quasi-totalité des communes – ainsi que le canton à travers l’impôt sur les personnes morales. L’Etat craint également des incidences importantes sur d’autres entreprises de la région.

Inquiétude pour toute une région

La CCIJ a été informé rapidement par le directeur du site de BAT. La Chambre de commerce et d’industrie du Jura s’est mise à disposition de l’entreprise boucourtoise dans cette phase de consultation. En parallèle, des 220 emplois directement concernés, Pierre-Alain Berret, directeur de la CCIJ, pense aussi aux autres partenaires qui gravitent autour de l’usine : « il y a un ruissellement de toute l’activité dans le tissu régional, et on sait la place qu’occupe BAT à Boncourt ».

Pierre-Alain Berret :

Deuxième plus grand fabricant de cigarettes en Suisse

Le site administratif et commercial de Lausanne, lui, n’est pas concerné par ce projet de délocalisation. British American Tobacco est le deuxième plus grand fabricant de cigarettes en Suisse et employait en 2021 près de 55'000 personnes dans le monde. L’usine de Boncourt a été fondée en 1814 par la famille Burrus puis vendue en 1996 à Rothmans International puis revendue à BAT en 1999. /clo-rch-jpi-ncp


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