2023, année d’élections fédérales

Serge Jubin, correspondant au Palais fédéral, était l'invité de La Matinale lundi pour évoquer ...
2023, année d’élections fédérales

Serge Jubin, correspondant au Palais fédéral, était l'invité de La Matinale lundi pour évoquer les dossiers politiques majeurs de la nouvelle année en Suisse. Les élections fédérales se tiendront notamment en octobre

A Berne, le Conseil national comme le Conseil des Etats seront renouvelés en octobre (photo : KEYSTONE / ANTHONY ANEX). A Berne, le Conseil national comme le Conseil des Etats seront renouvelés en octobre (photo : KEYSTONE / ANTHONY ANEX).

2023 s’annonce faste sous la coupole fédérale. L’année sera celle des élections fédérales, la première aussi pour une Jurassienne au Gouvernement suisse après l’élection d’Elisabeth Baume-Schneider qui a pris la tête du Département fédéral de justice et police et sera particulièrement attendue sur le dossier de l’asile, « l’accueil des réfugiés ukrainiens, l’asile ordinaire contre lequel l’UDC va s’acharner, les places d’accueil dans les cantons » notamment, selon Serge Jubin, correspondant à Berne et invité de La Matinale ce lundi pour dresser un panorama de l’année politique suisse.


Les dossiers chauds de 2023

Si la fin de l’année 2022 a été mouvementée sur la scène politique suisse avec l’élection de deux nouveaux conseillers fédéraux et les crises énergétique, ukrainienne et inflationniste, l’évolution de ces crises fera partie des dossiers à suivre en 2023. Autre dossier majeur, la Suisse est désormais membre du Conseil de sécurité de l’ONU et « sa diplomatie et le Conseil fédéral devront s’adapter », explique Serge Jubin. Enfin, le climat « restera sur le devant de la scène avec une votation qui sera cruciale au mois de juin ». 

L’année politique suisse avec Serge Jubin, correspondant au Palais fédéral

Les élections fédérales en ligne de mire

Le 22 octobre prochain aura lieu l’élection du Parlement fédéral et de ses 246 membres. « Est-ce qu’on aura une 2e vague verte après celle de 2019 ? Est-ce qu’on réalisera la parité femmes-hommes au niveau du Parlement ? » : voilà quelques-unes des questions qui animent la classe politique. Pour le Jura, quatre sièges sont à pourvoir ou à repourvoir à Berne : deux au Conseil national et deux au Conseil des Etats. Raphaël Chalverat fait le point ci-dessous. /mmi

L’accession d’Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral peut-elle rebattre les cartes dans le Jura ? Pas certain, cet événement historique étant au-dessus de la mêlée, et donc au-dessus des partis. L’enjeu est donc de savoir si la mainmise du PS et du Centre sur les sièges fédéraux peut-être contestée par les autres formations politiques. Pour le Conseil des Etats, Charles Juillard semble tranquille pour une réélection. L’Ajoulot du Centre, vice-président du parti national, a l’expérience, le charisme et la solidité qui doivent lui permettre de poursuivre son mandat à Berne. Nouvelle venue, la socialiste Mathilde Crevoisier Crelier sera à la Chambre des Cantons depuis dix mois au moment des élections. Elle bénéficiera d’une petite prime au sortant. L’Ajoulote devra toutefois sans doute s’employer dans la campagne pour démontrer qu’elle a bien épousé la fonction de sénatrice.

C’est sans doute pour l’accession à la Chambre du peuple que le suspense sera plus grand. Jean-Paul Gschwind va s’arrêter. Le Centre devra donc trouver le bon ticket pour assurer la succession de l’Ajoulot. Le parti a les ressources pour y parvenir. Quant à Pierre-Alain Fridez, c’est le point d’interrogation. Dans ses statuts, le PS permet de faire trois mandats à Berne. L’Ajoulot les a faits. Il devrait donc passer la main, mais l’octroi d’une dérogation n’est pas impossible. Le débat pourrait s’engager chez les socialistes, qui ont eux aussi les ressources pour apporter du sang neuf au National. Voilà pour ce qui est des quatre sortants sous la coupole.

Difficile à ce stade d’être au fait des ambitions des uns et des autres. Avec le faible temps de Mathilde Crevoisier Crelier aux Etats et les sièges à repourvoir au National, sans doute que les partis voudront se mêler à la lutte. A droite, il ne serait pas improbable de voir le PLR et l’UDC faire cause commune pour ces prochaines élections fédérales. Si ces formations s’entendent et qu’elles trouvent les bonnes personnes, elles ne feront en tout cas pas de la figuration. A gauche, les Verts et leurs alliés CS-POP voudront certainement se lancer pour défendre la cause environnementale, climatique et énergétique. Reste à voir les intentions du PCSI et des Verts libéraux qui forment un groupe au Parlement jurassien. Dernier paramètre à prendre en compte : la représentation géographique. Les quatre sièges du canton sont aujourd’hui occupés par des Ajoulots. Vadais et Franc-Montagnards pourraient donc militer pour un rééquilibrage.



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