Le nouvel hôpital de soins aigus dans le quartier de Gare Sud à Delémont a présenté ce vendredi son modèle de financement. Ce dernier ne prévoit aucune subvention ou apport direct du Canton du Jura.
Le projet de nouvel hôpital à Delémont se construira sans recourir aux deniers publics. Les dirigeants de l’Hôpital du Jura et le ministre de la Santé, Stéphane Theurillat, ont présenté ce vendredi matin le modèle de financement consolidé du futur site de soins aigus qui sera situé quartier Gare Sud. Le nouvel établissement doit coûter au total 160 millions de francs et son financement sera assuré par trois sources : des partenaires privés locaux assureront 65 millions de prêts « à des conditions dites patriotiques ». La Caisse de pensions du Jura accordera 20 millions de prêt à l’employeur, tandis qu’une banque d'importance nationale ayant un fort ancrage régional va octroyer 75 millions de financement bancaire externe. « Les prêts citoyens d'industriels jurassiens constituent un geste exceptionnel, c'est ce qui a pu déclencher l'octroi des autres prêts. Surtout, ce montage permet à l'hôpital de rester public, l'HJU garde la main », explique Jacques Gygax, président du Conseil d'administration.
Jacques Gygax : « On aurait difficilement réuni ce financement sans ces prêts citoyens. »
Aucune subvention ni apport budgétaire n’a été sollicité auprès du Canton du Jura. « Vu la situation financière du canton, c'est inespéré d'avoir un deal financier où l'Etat ne met pas le moindre franc dès le départ », se réjouit le ministre de la santé Stéphane Theurillat. Cependant, les prêts de la Caisse de pensions et la banque dépendent d’une garantie publique explicite de l’État. Le Parlement devrait se prononcer d’ici la fin de l’année 2025 sur une garantie cantonale de 95 millions de francs afin de confirmer formellement ces prêts. « Le dossier a bien évolué dans la compréhension qu'en ont les députés, je suis confiant », avance le ministre.
Stéphane Theurillat : « Vu la situation financière du canton, c'est inespéré. »
La direction de l'HJU est bien consciente que ce vote revêtira un enjeu plus large « oui ou non à un nouvel hôpital ». Mais Jacques Gygax prévient que c'est la survie de l'Hôpital du Jura qui est en jeu « Il n'y a pas de pan B, en cas de non, les jours de l'hôpital public sont comptés car sans investissement, les bâtiments actuels sont obsolètes et plus du tout adaptés », alerte le président du Conseil d'administration.
En cas de NON devant le Parlement, « les jours de l'hôpital public seraient comptés » prévient Jacques Gygax.
Le projet vise à remplacer les infrastructures actuelles du site de soins aigus de Delémont par un établissement plus moderne, plus flexible, mais sensiblement de même taille. Une rénovation impliquerait la démolition de bâtiments et aboutirait « à une solution moins optimale, très coûteuse, non finançable, et sans effets durables », estime l’Hôpital du Jura.
Un hôpital d'une taille similaire, mais plus moderne et modulable
L'un de enjeux est de limiter les hospitalisations hors canton qui font grimper les coûts de la santé, sans forcément augmenter le nombre de lit ou le catalogue des prestations. « Le futur de la prise en charge hospitalière, c'est l'ambulatoire. Donc plutôt que par une augmentation de lit, on répond par un meilleur plateau technique, des flux plus optimisés, un hôpital plus modulable », expose le directeur général de l'HJU Gauthier Vallat.
Gauthier Vallat : « Pour favoriser la prise en charge ambulatoire, il faut un plateau technique dédié. »
Le ministre Stéphane Theurillat se dit aussi « rassuré » par un projet non-surdimensionné, d'une taille « que l'on sait gérer ». L’institution a par ailleurs lancé ce vendredi une campagne d’informations avec un site Internet dédié au nouvel hôpital à l’adresse nouvel-hopital.ch. /comm-gtr









